
Refus d’un stage en raison du port du voile, traitement sévère lors de la recherche d’un logement, harcèlement à l’école : les agressions racistes signalées en Suisse sont de nature variée – et elles continuent d’augmenter. C’est ce que constate la Commission fédérale contre le racisme (CFR) dans un rapport publié récemment. L’année dernière, les centres de consultation pour les victimes de discrimination raciale ont enregistré 1 245 cas. Il s’agit certes d’une légère augmentation de 34 cas par rapport à l’année dernière – mais à l’époque, les cas avaient augmenté de près de 40 % par rapport à l’année précédente.
Comme les années précédentes, la plupart des incidents signalés concernent le domaine de l’éducation (269 cas) et le lieu de travail (210 cas). Dans le domaine de l’éducation, cela inclut non seulement l’école primaire et secondaire, mais aussi les crèches, les jardins d’enfants et la formation professionnelle.
Nouvelle hausse du racisme antimusulman
Comme les années précédentes, les agressions racistes visaient dans la plupart des cas des personnes noires. C’est toutefois le racisme antimusulman qui a le plus augmenté, comme l’année dernière.
Même si, selon un rapport conjoint de la Fédération suisse des communautés israélites (FSCI) et de la Fondation contre le racisme et l’antisémitisme, l’antisémitisme « diminue dans le monde réel », il y a lieu de s’inquiéter. En effet, les cas d’antisémitisme en ligne sont en forte augmentation.
Les chiffres sont déjà préoccupants. On peut toutefois supposer que, malgré une meilleure notoriété du bureau de signalement, il existe encore un nombre élevé de cas non signalés d’incidents racistes et antisémites. De nombreuses agressions ne sont pas signalées lorsque, par exemple, l’auteur est une supérieure hiérarchique, un enseignant ou un policier. Et bien sûr, les micro-agressions racistes, la mise à l’écart et d’autres incidents plus subtils, ne sont souvent pas signalées.
Le fait que l’UDC mène depuis un certain temps une campagne contre les « étrangers », en particulier contre les personnes racisées et les réfugié-es, est susceptible d’alimenter les incidents racistes. La politique du bouc émissaire menée par le plus grand parti suisse n’apporte aucune solution aux problèmes des gens : au lieu de répandre la haine et l’incitation à la violence, l’UDC pourrait s’engager en faveur de logements abordables, de primes d’assurance maladie moins élevées et de salaires plus élevés.
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