À la fin du mois de septembre, les Vaudoises et les Vaudois votent sur une initiative qui propose de baisser les impôts de 12 %. Une proposition vendue comme une aubaine nécessaire pour le pouvoir d’achat. Pourtant, la réalité est plus sombre : un nouveau cadeau fiscal aux plus riches de ce canton et un nouveau plongeon dans l’austérité. En effet, ce sont les ménages les plus précaires, et donc particulièrement les femmes qui représentent, dans le canton de Vaud, deux tiers des bas salaires, qui vont le plus en pâtir.
Les conséquences de ce nouveau gouffre financier
L’initiative des 12 % creuserait un trou de presque 300 millions de francs dans les finances publiques. Cette casse dans le budget de l’État aura pour sûr un impact plus que concret dans le quotidien des femmes.
Nous approchons à grands pas de 2027, désignée année du « care » par la Grève féministe : en effet, les femmes sont surreprésentées dans les métiers du soin, c’est-à-dire dans les hôpitaux, les écoles ou encore les établissements médico-sociaux. Ce sont précisément ces secteurs qui pâtiront des nouvelles coupes engendrées par l’initiative. L’histoire nous l’a montré : lorsque l’État doit diminuer ses dépenses, les domaines du social et des soins sont les premières victimes de coupes.
Moins de budget pour les hôpitaux, des classes d’écoles surchargées : voilà l’avenir qui attend le canton de Vaud. Pour les soignantes, les enseignantes et les travailleuses sociales, cela signifie moins de salaire pour une charge encore plus élevée.
L’initiative des 12 % transfère la charge vers les femmes
Et au-delà de l’impact sur le travail salarié, c’est aussi sur le travail gratuit que l’initiative des 12 % touchera, par exemple pour les proches aidant-es. Dans le canton de Vaud, 58 % sont des femmes, qui risquent d’être impacté-es par la perspective d’une baisse de moyens pour les soins à domicile.
Mais ce n’est pas tout : les crèches et les garderies deviendraient beaucoup plus chères. En effet, le canton finance à environ 25 % le budget de l’accueil de jour. Faute de moyens, ce sera alors le plus souvent aux femmes de compenser en réduisant le taux d’emploi pour s’occuper de leurs enfants.
Enfin, cette baisse de recettes pourrait limiter les investissements vitaux dans les structures d’accueil et d’accompagnement des femmes victimes de violences, alors que tout le monde reconnaît qu’il faut plus de moyens pour étoffer les outils de protection des victimes, comme le bracelet électronique et les places d’hébergement. La prise en charge des auteurs de violence et la prévention des féminicides requièrent eux aussi d’importants moyens. Une politique d’économies forcées conduirait à renoncer à ces mesures. Pour les femmes vaudoises, il s’agit d’une question de vie ou de mort.
L’austérité touche davantage les femmes
Comme le rappelait Oxfam dans un rapport de 2022, les politiques d’austérité renforcent les inégalités. En effet, cette violence économique touche particulièrement les femmes, qui dépendent davantage des services publics et assument encore une grande partie du travail de soin non rémunéré. La réduction des dépenses publiques dans la santé, l’éducation, la protection sociale ou encore les services de garde accroît ainsi leur précarité économique et renforce les inégalités entre les femmes et les hommes.
Derrière l’initiative des 12 % se cachent des choix concrets : les moyens des services publics devront être compensés. Et ce sera notamment les femmes par leur travail payé ou non, et parfois par leur vie.
lbr


