En Suisse, la contraception reste largement à la charge des individu-es. À Genève, cela pourrait changer : le 27 septembre, les citoyen-nes voteront sur une initiative lancée par le PS genevois pour la contraception gratuite. Le timing est bien trouvé : deux semaines plus tôt, le 4 septembre, se déroule la journée mondiale de la santé sexuelle.
Depuis 2010, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) reconnaît que la santé sexuelle est indissociable de la santé globale. Elle englobe non seulement les conséquences physiques, mais aussi psychologiques.
Des chiffres qui parlent d’eux-mêmes
Les données sont éloquentes : selon l’OMS, les préservatifs ont évité 117 millions de nouvelles infections au VIH depuis 1990 et plus de 300 millions de grossesses non désirées chaque année. S’ajoutent à cela les autres infections sexuellement transmissibles (IST)— gonorrhée, herpès, chlamydias, syphilis — dont l’incidence ne cesse d’augmenter ou stagne à un niveau élevé, selon l’OFSP.
Malgré cette importance pour la santé publique, un simple préservatif coûte environ 1 franc. Pour les personnes à faibles revenus, cette dépense s’ajoute au loyer, aux primes d’assurance-maladie, à l’alimentation. Cette réalité économique touche particulièrement les jeunes, dont le pouvoir d’achat est limité et qui dépendent souvent de leur famille pour l’éducation en matière de prévention.
L’inégalité s’aggrave pour les autres méthodes
Mais les préservatifs sont la méthode contraceptive la moins chère. La pilule, la contraception d’urgence, les implants, patchs, anneaux ou dispositifs intra-utérins coûtent considérablement plus cher, sans compter les frais de consultation.
Pour les personnes avec un utérus, le choix de la méthode a des implications majeures : hormonale ou non, chaque option a des effets différents et souvent imprévisibles sur la santé mentale et physique, d’une personne à l’autre. Le coût ne devrait jamais forcer quelqu’un à renoncer à la méthode la mieux adaptée à son corps et à son mode de vie.
Une question de liberté
En réalité, l’accès à une contraception librement choisie dépend aujourd’hui de la capacité financière — une inégalité criante. Et non seulement la contraception gratuite permettrait de préserver, voire d’améliorer la santé d’une personne, mais elle prévient aussi les grossesses non désirées. Cela offre à chacune et chacun l’opportunité de « disposer plus librement de son corps et de construire son projet de vie », comme le souligne le comité d’initiative.
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