L’immobilisme du Conseil d’État fribourgeois face à la flambée des primes maladies

À moins de deux mois des élections cantonales, le gouvernement fribourgeois met enfin son contre-projet à l'initiative pour un plafonnement des primes maladie en consultation. Selon le PS, cela révèle un désengagement cantonal, alors que les primes ont bondi de 20,4 % en cinq ans.

Gros plan sur les mains d'une personne âgée, vêtue d'un gilet bleu foncé. L'une dépose une pièce dans une tirelire cochon jaune. L'autre est posée près de quatre piles de pièces de hauteur croissante, alignées sur une table en bois.
Image : Unsplash

À l’approche de la fin de la législature, l’heure du bilan a sonné pour le Conseil d’État fribourgeois. Et sur le dossier des primes d’assurance-maladie, ce bilan tient en un mot : l’inaction.

Cinq ans d’attente pour une initiative dormante

Il y a bientôt cinq ans, le Parti socialiste a déposé une initiative cantonale demandant que personne ne consacre plus de 10 % de son revenu au paiement des primes maladie. Un principe que la population fribourgeoise a largement validé, à 55,03 % des voix, lors de la votation fédérale sur le même sujet.

Tous les délais légaux sont aujourd’hui échus, la loi fribourgeoise imposait au Conseil d’État de soumettre cette initiative au vote populaire au plus tard un an et demi après sa validation en 2022, délai déjà prolongé d’une année supplémentaire ; elle aurait donc dû être traitée depuis longtemps. Pourtant, l’initiative continue de dormir dans les tiroirs de l’État, sous la responsabilité du Conseiller d’État UDC Philippe Demierre, en charge de la Santé.

Pendant ce temps, la facture, elle, n’attend pas. Entre 2021 et 2026, la prime moyenne fribourgeoise, toutes catégories d’âge confondues, est passée de 293,10 francs à 368,10 francs par mois. Une hausse de 20,4 % en cinq ans, qui a pu représenter jusqu’à 2 500 francs de charge supplémentaire par an pour une famille de deux enfants, selon la franchise choisie.

Un contre-projet en trompe-l’œil

Le Conseil d’État vient tout juste de dévoiler les contours d’un contre-projet indirect à l’initiative socialiste mis en consultation au premier semestre 2026, le texte n’existe toutefois pas encore dans sa version définitive. Sur le papier, l’objectif semble presque atteint : un plafonnement à 10,5 % du revenu, contre les 10 % demandés par le PS. Mais les chiffres racontent une autre histoire.

Le message du Conseil d’État sur son propre projet le confirme noir sur blanc. Ce contre-projet ne prévoit que 4 millions de francs de moyens supplémentaires pour les subsides par rapport au minimum légal exigé par la Confédération. L’initiative du PS, elle, en prévoyait 22 millions. Un écart qui n’a rien d’anecdotique : le gouvernement fribourgeois manipule les chiffres, pour donner l’air de se préoccuper de sa population, mais il n’en est rien. Cette mesure cosmétique ne se révèle pas assez ambitieuse pour apporter un réel soutien à la population fribourgeoise qui en a besoin.

L’inaction du Conseil d’État trouve un écho fidèle au Grand Conseil, où la majorité de droite a, ces six derniers mois seulement, torpillé deux propositions socialistes pourtant raisonnables :

Le PS, seul à proposer des solutions concrètes

Face à ce constat, le Parti socialiste porte des solutions à la hauteur du problème : un plafonnement réel à 10 % du revenu, doté de moyens financiers conséquents, une caisse maladie publique pour limiter la spirale des primes, et des subsides versés automatiquement à celles et ceux qui y ont droit.

À l’approche des élections cantonales, les Fribourgeoises et les Fribourgeois seront en droit de se demander pourquoi il aura fallu près de cinq ans d’attente, une votation fédérale et une pression populaire pour qu’un contre-projet timide voie enfin le jour. Un contre-projet qui, de l’aveu même du Conseil d’État, reste bien en deçà de ce que permettrait l’initiative socialiste.


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