Une première depuis Hitler : l’extrême droite au pouvoir dans un Land allemand

Dans l’État allemand de Saxe-Anhalt, le parti d’extrême droite AfD a gagné les élections et constitue presque la majorité absolue du Parlement. C’est un résultat préoccupant pour le reste de l’Europe.

Fête d'élection de l'AfD en Saxe-Anhalte septembre 2026. Deux mains levées lors d'un vote, au premier plan, avec en arrière-plan flou trois drapeaux allemands (noir, rouge, or).
Image : keystone/DPA/Chris Emil Janssen

Choc en Saxe-Anhalt : les électeur-trices de cet État à l’Est de l’Allemagne ont fait de l’AfD (Alternative für Deutschland, extrême droite) le parti le plus fort au Parlement. Le parti, observé par les services de protection de la Constitution, dirigera potentiellement pour la première fois un « Bundesland ». Ainsi, « l’Alternative » survole avec 44 % des voix de loin les partis traditionnels, la CDU (Union chrétienne-démocrate) et la SPD (Parti social-démocrate).

Des néonazis au pouvoir

En Saxe-Anhalt, l’AfD est officiellement qualifiée d’extrême droite. Cela signifie que le parti soutient des propositions et des idées contraires à la Constitution allemande et à la démocratie : l’échange de populations, la rémigration, l’anti-pluralisme, l’antisémitisme et la glorification du nazisme et le « Volkstod » — littéralement la « mort du peuple », soit l’idée que le prétendu peuple allemand est proche du déclin à cause de la migration. Afin d’empêcher ce « Volkstod », les femmes allemandes doivent avoir autant d’enfants que possible, selon le programme.

Malgré cela, l’AfD a gagné des voix dans à peu près tous les groupes d’électeur-trices : à gauche comme à droite, mais surtout, le parti convainc les personnes qui ne participent d’habitude pas à des élections. Comme en Suisse, il s’agit du plus grand groupe d’électeur-trices — environ 170 000 personnes à Saxe-Anhalt.


Le programme de l’AfD : plus de migration, moins d’impôts, interdiction de « l’idéologie de genre », pas de protection du climat et des coupes dans les domaines du social. Autrement dit, c’est un mélange de la droite réactionnaire et du conservatisme classique. Ironie de l’histoire, le parti gagne en ayant axé toute sa campagne sur la migration et la xénophobie, dans une région où la part de population migrante est faible. Cela rappelle le résultat de la votation sur l’initiative du chaos de l’UDC en juin dernier.

Un danger pour toute l’Europe

L’Italie est déjà gouvernée par un parti d’extrême droite et post-fasciste : la Première ministre Giorgia Meloni et son parti Fratelli d’Italia sont pro-natalistes, anti-immigration et anti-LGBTQ. Et, malgré ses promesses, le pouvoir d’achat des Italien-nes n’a guère augmenté en trois ans.

Ces prochaines années, des élections majeures auront lieu en Europe : les élections fédérales en Suisse, les élections régionales en Allemagne, l’élection présidentielle en France et les élections générales en Italie. L’extrême droite a de réelles chances de l’emporter dans tous ces pays. En France et en Allemagne, l’accès au pouvoir du RN et de l’AfD aura des conséquences directes sur la sécurité et la stabilité de tout le continent — ainsi que sur la démocratie. C’est d’ailleurs pourquoi le multi-milliardaire néo-fasciste Elon Musk soutient ces deux partis.

Cette année, les Suisses et les Suissesses s’expriment à trois reprises sur des initiatives de l’UDC qui s’attaquent à des fondements de la démocratie. Jusqu’à présent, la population les a refusés. Elle dira le 27 septembre si elle en fait de même avec l’initiative sur la neutralité.

eje


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