Accueil International Curtis Yarvin, figure de proue de la droite autoritaire à Saint-Gall

Curtis Yarvin, figure de proue de la droite autoritaire à Saint-Gall

Les adversaires préférés de Curtis Yarvin sont les partis politiques, les « médias grand public » et les universités, car ceux-ci auraient instauré une « dictature de l’opinion de gauche ». Or, c’est justement le Symposium de Saint-Gall qui invite en Suisse ce penseur d’extrême droite à la tête de mouvements antidémocratiques.

Photographie couleur d'une scène de présentation au St.Gallen Symposium. Au premier plan, un homme d'environ quarante ans, cheveux bruns mi-longs, lunettes, vêtu d'une veste beige clair et d'une cravate gris-vert, est assis face à la caméra. À l'arrière-plan flou, un homme en costume bleu se tient debout. Le fond est bleu vif avec le texte blanc « St.Gallen Symposium » et des éléments graphiques géométriques jaunes, typiques de l'identité visuelle de cet événement international.
Images : keystone/Gian Ehernzeller/Elekes Andor, montage : direct

Lorsque le Symposium de Saint-Gall débutera les 6 et 7 mai à la HSG, le blogueur d’extrême droite Curtis Yarvin sera également présent, lui qui rejette la démocratie libérale. Le chef de file d’un mouvement antidémocratique et néofasciste rejette la démocratie, qu’il qualifie de « lente, corrompue et inefficace », et prône plutôt une forme de monarchie technologique. Dans ce système, une sorte de chef d’entreprise gouverne le pays comme une entreprise — aucun droit de participation n’est prévu pour la population.

Or, c’est justement Yarvin qui doit débattre, dans le cadre du symposium, de l’avenir (ou de l’absence d’avenir) des démocraties libérales. Le symposium justifie sa participation en affirmant que les idées de Yarvin doivent être comprises pour saisir la situation actuelle aux États-Unis. Curtis Yarvin évolue depuis des années dans les milieux politiques américains et parmi les oligarques technologiques de la Silicon Valley. Il entretient notamment des contacts avec Steve Bannon, un ancien conseiller de Trump. Mais il est aussi un ami de Peter Thiel, le mentor du vice-président américain JD Vance.

Normalisation des positions d’extrême droite

Les déclarations et opinions de Yarvin se situent bien au-delà des limites du discours tolérable. Un exemple : il ne condamne pas le terroriste d’extrême droite Anders Breivik et déplore au contraire que celui-ci n’ait pas tué suffisamment de personnes pour provoquer un changement politique efficace. Il ne se prive pas non plus de tenir des propos racistes sur de prétendues différences d’intelligence en fonction des « races » et la recolonisation de l’Afrique.


Entre-temps, une opposition s’est manifestée parmi le personnel de l’université de Saint-Gall. Dans une lettre ouverte, ils exigent que l’université se distancie clairement de Curtis Yarvin. Ils déplorent en outre que l’invitation de Yarvin contribue à la normalisation et à la légitimation de positions d’extrême droite. Malgré cela, le symposium maintient la participation de Yarvin. L’université montre ainsi une fois de plus à quel point les attitudes et les positions d’extrême droite et antidémocratiques ont gagné du terrain dans la société.

lsp


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