Journée de la démocratie : comment la droite devient de plus en plus antidémocratique

En cette Journée internationale de la démocratie le 15 septembre, le bilan est sombre. Partout dans le monde, des groupes d’extrême droite et antidémocratiques accèdent au pouvoir. En Suisse aussi, les principes démocratiques sont régulièrement bafoués.

Intérieur d'une salle du Parlement suisse, avec des chaises en bois et cannage au premier plan de part et d'autre d'une allée centrale, des pupitres en bois alignés, et une grande fresque murale représentant un paysage alpin (montagnes, lac et nuages) surmontée d'une croix suisse, en arrière-plan.
Image : keystone/Alessandro della Valle

La Suisse est fière de sa démocratie semi-directe : pratiquement aucun autre pays ne connaît un droit de participation aussi fort que celui de la Suisse. Pourtant, ces dernières années montrent que même les décisions de la population votante ne sont pris qu’à demi-mot par la majorité de droite au Parlement et au Conseil fédéral. Voici trois exemples.

 1 

L’affaiblissement de l’initiative sur les soins

C’était un immense succès, en pleine pandémie de coronavirus, lorsque les électeur-trices ont approuvé l’initiative sur les soins à 61 %. Pour la première fois, il a été inscrit dans la Constitution que la Confédération devait s’engager en faveur de soins durables et de haute qualité, et améliorer les conditions de travail.

Le Conseil fédéral a annoncé son intention de mettre en œuvre l’initiative en deux étapes. La première étape a déjà été adoptée. Mais lors de l’élaboration de la deuxième étape, les Partis bourgeois ne prennent plus le mandat démocratique aussi au sérieux.

Cela n’a rien d’étonnant, car il s’agit là d’une amélioration concrète des conditions de travail : des salaires plus élevés, une durée maximale de travail réduite, des compensations pour les heures supplémentaires et le travail de nuit, etc. Il s’agit donc, au fond, de revendications syndicales, une véritable épine dans le pied de la droite. Au sein de la Commission compétente, les parlementaires du Centre, du PLR et de l’UDC ont complètement vidé de sa substance la proposition déjà minimale du Conseil fédéral.

La durée maximale de travail ne serait pas réduite, les heures supplémentaires pas compensées et le travail répété les dimanches et jours fériés serait rémunéré par une majoration de 25 % au lieu de 50 % du salaire.

 2 

Le scandale du F-35

Ce que la Commission de gestion du Conseil national n’a confirmé que récemment était clair depuis longtemps : la population a été trompée lors de l’acquisition du F-35. Le gouvernement américain n’a jamais accepté de prix fixe pour la vente des avions de combat F-35, bien que le DDPS, sous la direction de Viola Amherd, l’ait toujours affirmé.

Le plafond budgétaire initial de six milliards de francs a désormais littéralement explosé. Le montant définitif des surcoûts n’est pas encore connu à l’heure actuelle, mais il est estimé à 1,3 milliard. À cela s’ajoutent encore les coûts de réaménagement des aéroports militaires, qui s’élèvent à plusieurs centaines de millions de francs.

La population avait approuvé – de justesse – la décision de principe relative à cette acquisition, sans doute aussi parce que le plafond budgétaire faisait partie du projet. Malgré ce scandale qui a éclaté, le Conseil fédéral maintient sa volonté d’acquérir les F-35. Le PS Suisse a désormais demandé la mise en place d’une commission d’enquête parlementaire afin d’examiner cette acquisition.

 3 

Les promesses vaines de la réglementation des grandes banques

Printemps 2023 : le CS, anciennement Credit Suisse, est en faillite. Le Conseil fédéral met en place un plan d’urgence afin d’éviter autant que possible une crise financière. L’UBS, la seule autre grande banque, est censée absorber le CS. Afin de protéger également l’UBS de la faillite, le gouvernement promet un filet de sécurité financier, financé à 100 % par les contribuables.

Par la suite, peu avant les élections nationales de l’automne 2023, tous les partis s’accordent à dire qu’une telle situation ne doit plus se reproduire. Même les partis bourgeois, bien qu’ils reçoivent de généreux dons de la part de l’UBS, promettent à leurs électeur-trices une réglementation stricte. À l’avenir, les banques d’importance systémique devraient limiter autant que possible les risques avec leurs propres moyens.

Printemps 2026 : les partis de droite ont déjà oublié leurs propres promesses. Au sein des Commissions, ils vident de sa substance la proposition du Conseil fédéral. Et ce, bien que celle-ci, à l’instar de l’initiative sur les soins, ne réglemente que le strict minimum. L’interdiction des bonus pour les dirigeants de l’UBS a également été rejetée au Conseil des États par le Centre, le PLR et l’UDC.

eje


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