Le scénario est familier. D’un côté, une Romandie qui semble refuser clairement une initiative extrême et nocive. De l’autre, une Suisse alémanique hésitante, qui pourrait néanmoins faire basculer le résultat. Selon le deuxième sondage de la SSR, plus de 60 % des personnes interrogées en Suisse romande rejettent l’initiative de l’UDC. Mais en Suisse alémanique, le non est seulement à 50 %.
Du vu et du revue
Ce n’est pas la première fois que ce schéma se dessine. On l’a vu avec AVS21 en 2022, acceptée à 50,5 % malgré le refus de tous les cantons romands. On l’a vu avec l’initiative contre l’immigration de masse en 2014, passée à 50,3 % alors que tous les cantons romands l’avaient rejetée. On l’a vu avec les multinationales responsables en 2020, acceptée par 50,7 % de la population, mais échouant faute de majorité cantonale — les cantons romands et latins avaient pourtant voté oui massivement.
Lors des votations serrées, la majorité linguistique donne le la. Et la Romandie, plus progressive, paye l’addition.
Une initiative dangereuse et xénophobe
L’initiative de l’UDC n’est pas une proposition anodine de gestion démographique. C’est un texte qui cible directement l’immigration, avec tout ce que cela implique : remise en cause des accords bilatéraux avec l’UE, menace sur des milliers d’emplois, atteinte aux droits fondamentaux de personnes qui vivent, travaillent et contribuent à la Suisse depuis des années. Le Conseil fédéral, le Parlement et la majorité des partis s’opposent à ce texte, qui met en danger la prospérité et la cohésion sociale de la Suisse, ainsi que nos liens avec l’UE.
Les deux derniers sondages convergent vers un rejet de l’initiative, mais rien n’est fait : l’écart reste limité et la mobilisation de dernière minute fera la différence. Le 14 juin, chaque voix compte.
ebr




