Un nouveau sondage le montre : l’assouplissement des règles en matière d’exportation d’armes pourrait échouer aux urnes

À l’heure actuelle, une majorité de la population s’oppose à un affaiblissement significatif de la loi sur le matériel de guerre, comme le montre un sondage représentatif. Le projet vise à permettre à la Suisse de livrer davantage d’armes à des pays tels que l’Arabie saoudite ou les Émirats arabes unis — et, à l’avenir, à autoriser également la fourniture d’armes à Israël ou à la Turquie. La votation aura lieu le 29 novembre.

Une chaîne de production aligne de nombreuses cartouches métalliques dorées sur un convoyeur circulaire, tandis qu’un employé travaille en arrière-plan dans un atelier industriel.
Image : keystone/Alessandro della Valle

Si le vote sur l’affaiblissement de la loi sur le matériel de guerre avait lieu aujourd’hui, une majorité rejetterai le projet. C’est ce que révèle un premier sondage représentatif. 45 % des personnes interrogées déclarent vouloir voter « non » ou « plutôt non », tandis que 34 % seulement souhaitent voter « oui » ou « plutôt oui ».

Lorsque les personnes interrogées ont été informées au préalable des positions des partis, les résultats du sondage ont évolué et le camp du « oui » a gagné quelques points de pourcentage. Cela laisse penser que le scrutin du 29 novembre pourrait être très serré : le camp qui mobilisera le mieux ses partisan-es l’emportera probablement.

Les personnes interrogées s’opposent aux exportations d’armes vers Israël

Le projet vise à affaiblir considérablement la loi sur le matériel de guerre et à suspendre des règles fondamentales relatives à l’exportation d’armes. Ainsi, à l’avenir, les exportations d’armes vers 36 États devraient en principe être autorisées, même si ces derniers sont impliqués dans des guerres contraires au droit international. De plus, la « déclaration de non-réexportation » serait supprimée pour tous les États. Celle-ci stipule que les États ayant acheté du matériel de guerre à la Suisse ne sont pas autorisés à le céder à des pays tiers.

Si cette déclaration était abolie, des armes suisses pourraient bientôt se retrouver dans des pays tels qu’Israël, la Turquie, les Émirats arabes unis ou le Soudan : des pays qui commettent activement des génocides ou les soutiennent. Selon le sondage, les personnes interrogées sont particulièrement inquiétées par l’idée que des armes suisses puissent être transférées à Israël et y être utilisées contre la population de Gaza ou du Liban. La possibilité que du matériel de guerre suisse puisse aboutir en Arabie saoudite incite également de nombreuses personnes à voter « non ».

Clause dérogatoire pour l’Ukraine

La modification de la loi sur le matériel de guerre a été initialement initiée en raison de la guerre d’agression menée par la Russie contre l’Ukraine. La situation géopolitique ayant considérablement évolué, l’industrie de l’armement a réclamé une plus grande marge de manœuvre en matière d’exportation d’armes. Cependant, afin que l’UDC approuve finalement le projet, le Parlement a exclu l’Ukraine, par le biais d’une clause d’exception, de la liste des pays destinataires potentiels d’armes suisses — un argument qui renforce le camp des opposant-es.

jsc


3 Commentaires

  1. Quand on sait qu’israel commet un genocide c’est totalement exclut de leur fournir quelque arme qu’il soit.
    La Suisse est elle un pays neutre et pour la paix.
    Des questions se posent.

  2. Je comprends pas pourquoi une dérogation pour cette ukraine qui a semé le chaos dans toute l’Europe car c’est quand même elle qui a commencé en 2014.

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