La session d’été est terminée. Le Parlement, avec sa majorité de droite, a une nouvelle fois pris des décisions désastreuses pour le pouvoir d’achat de la population, la transition énergétique, et le climat.
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Nouvelle loi : les salaires minimums sous pression
Quiconque travaille devrait pouvoir en vivre : une affirmation qui semble aller de soi, mais qui ne résiste pas à la réalité. Roland A. Müller, directeur de l’Union patronale, l’a clairement illustré en déclarant qu’un salaire ne devait pas nécessairement suffire pour vivre et qu’en cas d’urgence, l’aide sociale pouvait prendre le relais.
Il n’est donc pas surprenant que la majorité de droite au Parlement s’attaque désormais également aux salaires minimums adoptés démocratiquement. À l’avenir, les salaires prévus par les conventions collectives de travail déclarées de force obligatoire générale (CCT ave) primeront sur les salaires minimums cantonaux et communaux. Cela signifie que si un canton adopte un salaire minimum supérieur à celui prévu par la CCT ave, ce dernier ne s’appliquera plus. De plus, les salaires minimums déjà adoptés seront gelés.
Le Parlement porte ainsi non seulement atteinte au fédéralisme et, par là même, à la Constitution fédérale, mais il s’en prend aussi directement à la dignité des personnes exerçant des professions faiblement rémunérées. C’est pourquoi le Conseil fédéral rejette lui aussi cette loi. L’Union syndicale suisse ainsi que le PS Suisse ont annoncé un référendum contre cette mesure.
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Contre-projet à l’initiative « Blackout » : la sortie du nucléaire en danger
Cela fait moins de dix ans que le peuple suisse a décidé de sortir du nucléaire. La majorité de droite au Parlement veut désormais renverser cette décision par le biais d’un contre-projet indirect à l’initiative populaire dite « Blackout ». Cela permettrait la construction de nouvelles centrales nucléaires.
Les conséquences négatives sont multiples : la Suisse redeviendra plus dépendante de la Russie et d’autres États autocratiques en raison des importations d’uranium nécessaires ; l’argent qui aurait dû être investi dans le développement des énergies renouvelables propres sera réaffecté à l’énergie nucléaire ; le risque d’un accident nucléaire majeur demeure, comme nous l’a clairement montré la catastrophe de Fukushima en 2011.
Une large alliance a donc décidé de lancer un référendum contre la contre-proposition.
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Accord de libre-échange avec la Malaisie : les droits de l’homme font les frais de cet accord
La majorité bourgeoise a également approuvé un accord de libre-échange avec la Malaisie. La protection de la forêt tropicale, et donc du climat, y est ignorée au profit des intérêts financiers — et les droits humains en font les frais.
Les critiques à l’encontre de cet accord portent sur trois points essentiels. Premièrement : de nombreux cas de travail forcé et de travail des enfants ont été documentés dans les plantations de palmiers à huile malaisiennes, tandis que les communautés autochtones sont chassées de leurs terres au profit de la production agricole industrielle. Cet accord accorde des allègements douaniers pour les produits à base d’huile de palme sans exiger le respect des normes internationales en matière de travail et de droits de l’homme. Cela est inacceptable.
Deuxièmement, ce sont surtout les grands groupes pharmaceutiques et agricoles qui profitent de cet accord : des règles plus strictes en matière de protection de la propriété intellectuelle — notamment concernant les semences — profitent à des entreprises comme Syngenta, tandis que l’accès à des médicaments abordables s’en trouve restreint. Troisièmement, la forêt tropicale malaisienne risque de subir de nouveaux dommages : la baisse des droits de douane sur l’huile de palme — l’un des principaux facteurs de la déforestation — crée de nouvelles incitations économiques à poursuivre la destruction de l’un des écosystèmes les plus riches en biodiversité au monde.
Une large alliance lancera également un référendum contre cet accord de libre-échange.
jsc




