Pourquoi Albert Rösti n’est pas à la hauteur face à la crise climatique

La canicule de l’été 2026 a battu de nombreux records. On pourrait penser que cela conduit à un consensus sur les mesures à prendre. Mais celles et ceux qui comptent sur le ministre de l’Environnement Albert Rösti seront déçu-es. En revanche, la grève pour le climat revient sur le devant de la scène avec des manifestations dans toute la Suisse.

Image: Keystone. Montage: Direct.

« Je ne m’attendais pas à une chaleur aussi intense », a déclaré le ministre de l’Environnement Albert Rösti aux journaux Tamedia début août. Beaucoup ont d’abord dû se frotter les yeux en lisant ce titre. La question s’impose : comment se fait-il que le ministre suisse de l’Environnement, qui devrait pourtant connaître les études issues des sciences du climat, en arrive à une telle déclaration ? Albert Rösti a déjà prouvé à maintes reprises qu’il ne traitait pas le réchauffement climatique avec la priorité qui s’impose. En voici trois exemples.

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Pas de fonds pour que les arbres résistent à la chaleur

Celles et ceux qui se sont promené-es en forêt cet été se sont peut-être étonné-es de voir déjà tant de feuilles mortes sur les chemins, alors que le début de l’automne était encore loin. La sécheresse a tellement affecté les arbres qu’ils ont perdu leurs feuilles en plein été. Pour que les forêts survivent au réchauffement climatique, elles doivent devenir plus résistantes à la chaleur. C’est pour cette raison que le Parlement a approuvé en 2020 un montant de 100 millions de francs, à utiliser sur quatre ans pour la plantation d’arbres adaptés à un climat plus chaud. En 2023, ce financement a certes été prolongé, mais réduit d’un tiers. Désormais, Albert Rösti a complètement supprimé ces moyens de la planification financière à partir de 2027. Le Conseil fédéral a tout de même décidé, fin août 2026, d’un paquet de mesures d’un peu plus de 70 millions de francs pour la forêt et l’agriculture, qui reste toutefois extrêmement modeste au vu de l’été record qui vient de s’écouler.

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Censure dans des textes officiels

Dans l’une de ses premières mesures officielles, le président américain Donald Trump a fait supprimer des termes indésirables des textes officiels – notamment des termes relatifs au climat et à l’environnement. Fin août de cette année, on a appris qu’Albert Rösti avait lui aussi procédé à des adaptations de ce type. Selon le journal Blick, son secrétaire général, Yves Bichsel, partisan de la ligne dure de l’UDC, a fait supprimer des termes tels que « réchauffement climatique » et « changement climatique » des documents officiels. C’est ce qu’a confirmé Peter Füglistaler, directeur à la retraite de l’Office fédéral des transports.

Outre les termes cités, le terme « biodiversité » s’est également retrouvé dans le collimateur de la police linguistique du département de Rösti. Selon le Blick, ce terme devait être remplacé par celui de « paysage ». La stratégie ? En empêchant de nommer ce qui doit être protégé, celui-ci ne peut plus être efficacement protégé…

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Déni de démocratie avec « Transports’45 »

En novembre 2024, la population a clairement rejeté l’extension de six tronçons autoroutiers. Malgré cette décision démocratique limpide, Albert Rösti ne s’est nullement laissé dissuader de remettre sur le tapis certains projets d’extension du projet. « Transports ‘45 » : tel est le nom de cette manœuvre qui, pour la première fois, combine l’extension du réseau ferroviaire et routier. L’objectif est d’augmenter les chances de succès de l’ensemble du paquet – notamment pour ces projets qui ont déjà été rejetés par le peuple.

Pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, il est urgent de prendre des mesures efficaces dans le domaine des transports – mais le développement du transport individuel motorisé n’en fait pas partie. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : en Suisse, les transports sont responsables d’environ un tiers des émissions nocives pour le climat, le transport de personnes arrivant en tête. Les statistiques montrent que la population effectue environ 70 % de ses trajets en voiture, tandis que les transports publics ne représentent qu’environ 20 %. Un développement des autoroutes risquerait de faire grimper encore ces chiffres. Les études sur les transports montrent que davantage de routes entraînent davantage de trafic. La raison en est simple : plus la conduite en voiture est confortable, plus les gens utilisent la voiture. Un développement des autoroutes entraînerait donc une augmentation du nombre de kilomètres parcourus et, par conséquent, une hausse des émissions de CO₂.

Grève pour le climat : dans la rue le 25 septembre

Sous le slogan « Pas d’été à 50 °C ! », la Grève pour le climat, en collaboration avec plus de 130 organisations, appelle à des manifestations décentralisées dans tout le pays. La revendication : la mise en œuvre immédiate d’un plan d’urgence contre la canicule et pour la protection du climat. Les manifestations auront lieu notamment dans les villes de Lausanne, Genève, Fribourg et Neuchâtel.

jsc


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