Accueil Société Faciliter l’accès aux prestations complémentaires : double « non » du Parlement

Faciliter l’accès aux prestations complémentaires : double « non » du Parlement

En 2024, les opposant-es à la 13e rente AVS ont affirmé que les prestations complémentaires étaient déjà suffisantes. Or, les obstacles à l’obtention de ces prestations sont élevés — et ils doivent le rester, comme l’ont décidé les partis de droite au Parlement.

Une femme âgée assise sur un banc dans un parc, nourrissant un écureuil près d'un étang. Arrière-plan verdoyant et ensoleillé.
Image : Unsplash

Le coût de la vie en Suisse augmente, tandis que les salaires, les rentes AVS et les rentes AI stagnent. L’initiative pour une 13e rente AVS offre tout de même une solution contre la pauvreté des personnes âgées. La discussion de son financement au Parlement est maintenant terminée.

Mais pendant la campagne contre l’initiative, les partis bourgeois ont répété à maintes reprises qu’une rente supplémentaire n’était pas nécessaire. Pour les personnes vivant au seuil de la pauvreté malgré leur rente AVS, il existe en effet les prestations complémentaires (PC).

Il est toutefois incontestable que de nombreux-ses retraité-es proches du seuil de pauvreté ne perçoivent pas de PC, bien ces personnes y auraient droit. Beaucoup d’entre eux sont des femmes : elles dépendent plus souvent que les hommes des prestations complémentaires à l’AVS.

C’est pourquoi le canton du Jura a, par le biais d’une initiative cantonale, demandé au Parlement de simplifier, voire d’automatiser, l’accès à ces prestations pour les bénéficiaires potentiels. Mais cette initiative est désormais abandonnée : les majorités de droite dans les deux chambres n’ont pas jugé cela nécessaire.

Une information lacunaire

Dans l’exposé des motifs de son initiative cantonale, le canton du Jura cite une étude de Pro Senectute datant de 2023 : « Environ 230 000 retraités ayant droit ne font pas valoir leurs prestations complémentaires, que ce soit par ignorance, par honte ou parce qu’ils sont découragés par une charge administrative excessive. » En effet, le portail de l’Office fédéral des assurances sociales Sécurité Sociale Suisse (CHSS) indique également : « Les connaissances du groupe cible sur les prestations complémentaires sont lacunaires. »


Après avoir mené un sondage en ligne auprès des bénéficiaires de rentes, le CHSS a en outre constaté que 23 % des personnes en situation financière précaire qui ne perçoivent pas de prestations complémentaires n’en ont jamais entendu parler. Beaucoup affirment également que la procédure est trop complexe. Ces retraité-es ont besoin d’aide pour déposer leur demande et soulignent qu’il existe de nombreuses zones d’ombre.

Selon le CHSS, certains cantons ont mis en place de bonnes pratiques pour mieux informer et soutenir les retraité-es. Dans le canton d’Argovie, par exemple, des visites à domicile sont organisées, ce qui permet d’atteindre les personnes à mobilité réduite — pour lesquelles l’accès aux PC est particulièrement difficile, conclut le CHSS. Mais comme c’est souvent le cas en Suisse, il existe de grandes disparités entre les cantons. Il aurait donc été d’autant plus judicieux d’adopter l’initiative cantonale du Jura afin d’élaborer des normes uniformes au niveau national.

eje


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