Les résultats des sondages sur les votations à venir sont connus : tant l’étude commandée par le groupe de presse Tamedia que celle commandée par la SSR prévoient un résultat serré. Selon le premier sondage, le « oui » recueille plus de 50 % des voix, tandis que, selon le second, il recueille 47 % des voix contre 47 % pour le « non ».
L’UDC pourrait donc convaincre la majorité des électeur-trices avec son initiative. Le parti de droite remporterait ainsi son plus grand succès et marquerait durablement l’histoire suisse.
Une chose est claire : le plafonnement de la population pour préserver le paysage et les ressources suisses est un faux argument — sinon, l’UDC s’engagerait en faveur d’une politique environnementale et climatique efficace. Ce qu’elle vise réellement, c’est la mise en œuvre fidèle de son programme : les migrant-es doivent être privé-es de leurs droits et la libre circulation des personnes avec l’UE doit prendre fin.
Programme du parti de l’UDC : le passé plutôt que l’avenir
Un élément central de la doctrine de l’UDC : freiner l’immigration, parce que, selon le programme du parti, on parle par exemple « de moins en moins de dialecte » dans les écoles. Le fait que l’on ne parle pas non plus de suisse allemand dans les écoles de Suisse romande ou du Tessin, l’UDC n’y pense même pas. Pour elle, il existe une « culture suisse », avec des « valeurs suisses », que seuls les « vrais Suisses » peuvent incarner.
Les personnes qui cherchent une vie meilleure en Suisse ou qui fuient la guerre ne doivent pas obtenir de permis de séjour permanent et ne sont tolérées qu’en tant que main-d’œuvre temporaire. Leur famille et leurs enfants doivent rester dans un autre pays. Un tel système existait déjà jusque dans les années 90 : grâce au statut dit de « saisonnier », on faisait venir en Suisse une main-d’œuvre bon marché — sans droits, mal payée et à la merci des patrons.
Rupture avec l’UE
La rupture avec l’Union européenne serait également mise en œuvre directement à partir du programme du parti. En effet, l’initiative aurait pour conséquence la dénonciation de l’accord sur la libre circulation des personnes avec l’UE. L’UDC aurait ainsi définitivement atteint son objectif premier : isoler la Suisse sur la scène internationale.
L’UDC est prête à en assumer les conséquences pour l’économie, les familles, les institutions sociales et la tradition humanitaire suisse. L’essentiel est que sa vision d’une Suisse « comme autrefois » devienne réalité.
Il est toutefois réjouissant de constater que de nombreux-ses électeur-trices ne souhaitent pas non plus retourner dans le passé : selon les sondages, la mobilisation du camp progressiste sera déterminante pour l’issue du scrutin. Il est encore possible de renverser la tendance.
eje




