Dans les forêts, il y a autant de feuilles mortes au sol qu’en octobre. Il ne s’agit pas d’un phénomène naturel, mais d’une conséquence de la chaleur et la sécheresse extrême qui accompagnent la seconde canicule de cet été, qui a débuté en août. Pour les personnes âgées en particulier, ces températures élevées mettent leur vie en danger.
Quiconque continue à prétendre que ce n’est pas inhabituel et qu’il y avait déjà des vagues de chaleur autrefois, ignore délibérément toutes les découvertes scientifiques en matière de recherche climatique. Car cet été n’est pas un événement exceptionnel, mais un nouveau pic dans le réchauffement climatique qui ne cesse de s’aggraver.
Réduire les émissions de gaz à effet de serre tout en protégeant la population et la nature contre la chaleur croissante : une stratégie qui semble s’imposer. Mais pas pour Albert Rösti, le ministre de l’Environnement de l’UDC.
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Pas de fonds pour les arbres résistants à la chaleur
Pas besoin d’être forestier-ère pour voir que la chaleur met la forêt à rude épreuve. C’est pour ça qu’en 2020, le Parlement a débloqué 100 millions, répartis sur 4 ans, pour planter des arbres résistants à la chaleur. En 2023, ce financement a certes été prolongé, mais réduit d’un tiers. Aujourd’hui, le Conseil fédéral et le ministre de l’Environnement Albert Rösti ont complètement supprimé ces fonds de la planification financière à partir de 2027.
Comme le rapporte la « NZZ am Sonntag », cette suppression suscite le mécontentement au sein du comité de la Conférence cantonale pour la faune sauvage, la forêt et le paysage. Le moment est particulièrement mal choisi, car le risque d’incendie de forêt augmente désormais aussi au nord des Alpes. Stefan Müller, membre du comité et conseiller d’État du centre d’Appenzell Rhodes-Intérieures, souligne en outre que les vagues de chaleur de plus en plus fréquentes causent des dégâts considérables dans les forêts et entraînent des coûts importants.
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Des fonds pour les centrales nucléaires qui manqueront aux énergies renouvelables
Pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, il faut une transition énergétique : passer des énergies fossiles aux énergies renouvelables. Cela demande des investissements au départ, qui porteront des fruits en quelques années. Mais au lieu d’investir dans le développement de l’énergie éolienne, hydraulique et solaire, le ministre de l’Environnement Albert Rösti veut lever l’interdiction de construire de nouvelles centrales nucléaires avec une contre-proposition à l’initiative « Blackout ». Le Parlement l’a approuvée lors de la session d’été — une large alliance a lancé le référendum contre cette mesure, pour que la population puisse à nouveau se prononcer là-dessus.
Outre les fonds qui vont manquer, les conséquences négatives de nouvelles centrales nucléaires sont multiples : à cause des importations d’uranium nécessaires, la Suisse redeviendra plus dépendante de la Russie et d’autres États autocratiques. En plus, le risque d’un accident nucléaire majeur persiste, comme l’a clairement montré la catastrophe de Fukushima en 2011. Et l’énergie nucléaire produit toujours des déchets pour lesquels aucune solution durable n’a été trouvée ; ils devront être stockés pendant des siècles.
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Le programme Bâtiments dans la balance
Dans le cadre du paquet de mesures d’austérité 2027, le ministre de l’Environnement Rösti, avec le soutien de l’ensemble du Conseil fédéral, a annoncé la suppression du programme Bâtiments dédié aux rénovations énergétiques. Ce programme existe depuis 2010 et est financé par la Confédération à hauteur de 400 millions par an. Avec succès : les émissions de CO2 dans le secteur du bâtiment ont pu être considérablement réduites ces dernières années, notamment grâce à une meilleure isolation et donc à des besoins de chauffage moindres. Le plan de réduction a donc également suscité des débats au Parlement.
En effet, selon une étude, le programme Bâtiments est également rentable sur le plan économique : les économies réalisées en termes de coûts environnementaux dépassent largement les subventions versées et, au final, le programme génère une valeur ajoutée brute de 535 millions de francs. En plus, ces fonds permettent souvent de réaliser les rénovations plus tôt que prévu. Au printemps, le Parlement a donc décidé de ne pas supprimer le programme Bâtiments.
jsc




