Accueil Suisse PLR : le prétendu parti de l’économie néglige sa comptabilité

PLR : le prétendu parti de l’économie néglige sa comptabilité

Le Contrôle fédéral des finances a publié mi-juillet un communiqué sévère à l’encontre du PLR. Motif : la transparence du financement politique. Ce communiqué remet en cause la régularité de la comptabilité du parti.

Deux personnes en tenues formelles célèbrent devant un grand panneau bleu avec du texte en allemand, tandis que des confettis dorés et noirs tombent autour d'elles. La femme à gauche porte des lunettes et un costume noir, l'homme à droite porte un costume bleu. Le panneau affiche "Keinem oppen" et "nern!" avec un logo rose et le texte "Für alle, die den Wecker stellen."
Image : keystone/Anthony Anex

Les libéraux-radicaux ne semblent pas prendre très au sérieux la transparence. Dans un rapport, le Contrôle fédéral des finances (CDF) met en avant des irrégularités dans la déclaration du PLR. Ainsi, le parti n’a, par exemple, pas déclaré des subventions de plus de 3 millions destinées à des campagnes comme faisant partie de ses revenus et n’a pas enregistré, ou a mal enregistré, des dons supérieurs à 15 000 francs. À cela s’ajoutent des subventions interdites provenant de l’étranger, des doubles comptages de recettes et des contributions du groupe parlementaire déclarées de manière erronée.

Un zéro oublié

Mais un incident est particulièrement embarrassant : au lieu d’un don important d’une valeur de 300 000 francs provenant du « Comité d’action pour la liberté », le PLR n’a déclaré que 30 000 francs. Un zéro a tout simplement été oublié, comme l’écrit le magazine Beobachter. Ce dernier se demande à juste titre : « Le PLR, qui se vante volontiers de ses compétences économiques, fait-il preuve de négligence dans sa comptabilité ? »

La conclusion du CDF n’est pas plus indulgente : elle évoque « des lacunes considérables dans la qualité de la publication » et déclare que « la régularité de la comptabilité est discutable ». Parallèlement, il recommande au PLR de mieux faire connaître les bases légales relatives à la publication du financement des partis auprès des personnes compétentes au sein du secrétariat général et de revoir en profondeur les processus internes — le tout dans les meilleurs délais.

Une plainte pénale évoquée

Le CDF ne se contente apparemment pas de supposer une comptabilité imprécise ; il envisage également une dissimulation délibérée de bailleurs de fonds influents. Toujours selon le Beobachter, le CDF aurait même indirectement menacé le PLR de dépôt de plainte pénale. « Nous attirons votre attention sur le fait que la violation intentionnelle des obligations légales de déclaration est punissable et que le Contrôle fédéral des finances est soumis à une obligation de dénonciation », écrit-il à la mi-octobre 2025.

La raison : deux dons de la société Aneba Holding AG d’un montant total d’un peu plus de 150 000 francs. Le Contrôle fédéral des finances part du principe que ces dons provenaient en réalité de la famille propriétaire de cette société. Il s’agirait vraisemblablement de la famille Schmidheiny, milliardaire suisse. C’est ce que révèlent les enquêtes menées par le Beobachter et le collectif de recherche WAV.

Le secrétaire général du PLR critique le CDF

Interrogé par le Beobachter, le secrétaire général du PLR, Jonas Projer, a réagi sur la défensive : il écrit qu’il s’agit d’une « procédure normale » que de vérifier l’origine des dons et qu’après consultation du CDF, « aucun ajustement n’a été jugé nécessaire ». De plus, le PLR aurait « déclaré en bonne et due forme » tous les dons — il n’aurait simplement pas eu conscience que les fonds déjà divulgués provenant de campagnes non partisanes devaient être déclarés une seconde fois. Dans le même temps, M. Projer critique la pratique du CDF : ses directives s’écarteraient « considérablement de la comptabilité habituelle ».

Des lacunes également au sein de l’UDF et de l’Union suisse des arts et métiers

Le PLR n’est pas le seul à ne pas maîtriser la question du financement politique. L’Union suisse des arts et métiers (USAM) et l’UDF se sont également fait rappeler à l’ordre par le CDF. L’USAM n’a transmis le budget de 170 000 francs destiné à la campagne contre l’initiative « Pour l’avenir » qu’après la date du scrutin, en novembre 2025. L’obligation de déclaration s’applique à partir d’un budget de campagne de 50 000 francs, et celui-ci doit être publié 45 jours avant le scrutin. Une déclaration a posteriori dans un délai de 10 jours ouvrables est certes possible, mais uniquement s’il s’avère, après expiration du délai initial, que plus de 50 000 francs ont été dépensés pour une campagne. Selon le CDF, cela n’a pas été le cas ici.

L’UDF a elle aussi soumis son budget pour la campagne du « non » à la loi sur l’identification électronique (e-ID) seulement après le scrutin. Or, selon le CDF, ce budget, d’un montant de 150 000 francs, dépassait « nettement » le seuil de 50 000 francs à partir duquel la déclaration est obligatoire.

L’UDF n’a pas répondu aux demandes du journaliste du Beobachter. Le directeur de l’USAM, en revanche, a défendu la comptabilité de son organisation. Elle aurait déjà communiqué le budget de la campagne au CDF en septembre. Celui-ci n’aurait toutefois pas été enregistré « en raison d’une erreur de saisie », l’USAM ayant fait preuve de « transparence à tout moment ».

jsc


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