La marche pour la paix de ce lundi de Pâques à Berne s’inscrit dans un contexte mondial inquiétant : depuis l’attaque des États-Unis et d’Israël contre l’Iran début mars, la guerre menace de se transformer en embrasement général. Le « droit du plus fort » semble s’imposer et le droit international continue d’être érodé.
Depuis des années, les guerres d’agression, les génocides, les nettoyages ethniques, les guerres civiles et la violence contre les populations civiles font des centaines de milliers de victimes dans le monde entier. La souffrance et la destruction qui en résultent sont à peine exprimables en mots. Parallèlement, la crise climatique s’aggrave d’année en année, tandis que les inégalités sociales entre les super-riches et les personnes touchées par la pauvreté continuent de croître. Ces réalités coûtent elles aussi des vies humaines.
La violence et la militarisation en Suisse
Dans notre pays, la situation est tout aussi préoccupante. Toutes les deux semaines, une femme ou une fille est tuée en Suisse en raison de son genre. Les violences policières racistes, la discrimination ainsi que les violences fondées sur l’identité religieuse ou sexuelle font partie du quotidien de nombreuses personnes.
Parallèlement, la militarisation de la société progresse : l’accès au service civil doit être rendu plus difficile, tandis que les règles d’exportation du matériel de guerre doivent être assouplies. Alors que, dans le même temps, des coupes budgétaires sont réalisées dans la coopération internationale, dans le domaine de l’asile ainsi que dans les secteurs de la santé et de l’éducation. Le budget de l’armée, en revanche, doit être massivement augmenté, même si une stratégie de sécurité adaptée à l’avenir fait défaut.
Contre l’impuissance
Même si la situation actuelle laisse beaucoup de personnes impuissantes et sans voix, des millions de personnes s’engagent inlassablement dans le monde entier pour un monde pacifique et démocratique. Tel est le cas en Suisse également. « Les nombreux mouvements de protestation de ces derniers temps prouvent que la paix, le désarmement et un avenir moins violent sont souhaités. La marche de Pâques unit les forces qui, dans ces temps sombres, descendent ensemble dans la rue et manifestent inlassablement pour un monde pacifique », déclare Pauline Schneider, secrétaire du GSsA, qui co-organise la marche de Pâques.
Revendications pour la paix et la solidarité
La marche de Pâques réunit tous-tes celles et ceux qui se sentent engagés envers cette vision. Les organisateur-trices revendiquent :
- Une paix juste — pour tous les êtres humains, partout dans le monde
- Une pleine solidarité avec les personnes touchées par la guerre et la violence
- La promotion d’initiatives contre le réarmement — plutôt qu’une nouvelle spirale de réarmement
- Le renforcement de l’ONU et du droit international, y compris les traités multilatéraux tels que l’interdiction des mines, l’interdiction des armes nucléaires ainsi que l’interdiction des armes biologiques et chimiques
- Le soutien aux initiatives locales et féministes de base pour la promotion de la paix dans les zones de conflit
- Pas de criminalisation ni de diffamation des mouvements et des militant-es pour la paix
- Stop aux reculs en matière de politique de paix concernant le service civil et la loi sur le matériel de guerre
De nombreuses organisations suisses pour la paix invitent à la marche de Pâques à Berne le 6 avril. Point de rendez-vous : 13 h 15, Eichholz au bord de l’Aar. Discours d’ouverture : Virginia Köpfli (présidente de Frieda). Départ de la marche commune à 13 h 30 jusqu’à la Münsterplatz dans la vieille ville de Berne. 14 h 30 — Rassemblement final avec des discours de Sheldon Masseraz (co-président des Jeunes Vert-e-x-s Suisse) et Mandy Abou Shoak (députée socialiste au Grand conseil de Zurich). Pour plus d’informations : www.ostermarschbern.ch




