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Rapport d’Oxfam sur les multinationales : les actionnaires reçoivent 70 % des bénéfices

Une nouvelle étude d’Oxfam dresse un tableau inquiétant : les entreprises européennes qui réalisent le plus gros chiffre d’affaires sont les moteurs d’une inégalité croissante. Fait particulièrement marquant : Neuf des 100 plus grandes entreprises européennes ont leur siège en Suisse.

Panneau de rue indiquant 'Nestlé' en noir et blanc, devant le siège de l'entreprise à Vevey. Un drapeau suisse flotte en arrière-plan sur un bâtiment moderne, sous un ciel bleu.
Image : keystone/Jean-Christophe Bott

Alors que les multinationales augmentent leurs bénéfices et consolident leur position sur le marché, les inégalités s’aggravent. C’est ce que montre une nouvelle étude d’Oxfam, qui examine pour la première fois de manière systématique comment les plus grandes entreprises européennes accentuent les inégalités sociales, économiques, politiques et écologiques. L’analyse s’appuie sur des données couvrant les années 2022 à 2024.

La Suisse, pôle d’implantation des grands groupes

Parmi les multinationales visées figurent des noms prestigieux, tels que Nestlé, Novartis, Roche, UBS et Glencore — tous basés en Suisse. Leurs décisions influencent à l’échelle mondiale les conditions de travail, la répartition des bénéfices et la gestion de la crise climatique. Pourtant, la Suisse ne dispose toujours pas, à ce jour, d’une loi visant à renforcer la responsabilité des entreprises.


Solidar Suisse a analysé les chiffres pour la Suisse : les patrons des grandes entreprises suisses perçoivent ainsi des rémunérations nettement plus élevées que celles des autres entreprises étudiées. Le salaire d’un PDG en Suisse s’élevait en moyenne à environ 8,3 millions d’euros en 2024, alors que la moyenne européenne était d’un peu moins de 6 millions d’euros. Les PDG en Suisse gagnent en moyenne 78 fois plus que leurs employé-es. 

Mais des différences marquées apparaissent également dans la répartition des bénéfices. Entre 2022 et 2024, les actionnaires ont reçu en moyenne 70 % des bénéfices. Le taux de distribution s’élevait en moyenne à environ 83 % en Europe en 2024, mais dépassait 100 % dans quatre des neuf entreprises suisses étudiées. Six entreprises versent des dividendes malgré des pertes, par exemple Glencore. 

Et en total, en Europe, les dividendes ont augmenté de 139 % au cours des vingt dernières années. Les salaires, eux, ont augmenté de 69 %. « Alors qu’en Suisse, on débat de programmes d’économies, du frein à l’endettement et du financement des services publics, les plus grandes entreprises distribuent une grande partie de leurs bénéfices à leurs actionnaires », critique Solidar Suisse dans son analyse.

Solidar Suisse réclame plus de transparence et des règles contraignantes

Pour Solidar Suisse, une chose est claire : l’inégalité n’est pas une loi de la nature, mais un phénomène que l’on peut changer par des mesures politiques. L’organisation réclame plus de transparence en matière de bénéfices et d’impôts, des règles contraignantes pour les chaînes d’approvisionnement ainsi que des directives plus strictes en matière de lobbying. Parallèlement, les grandes fortunes doivent être davantage imposées.

L’ONG estime également que les entreprises elles-mêmes ont un devoir à remplir : elles devraient répartir leurs bénéfices de manière plus équitable, investir dans les salaires et la protection du climat et rendre leurs pratiques plus transparentes.

lal


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