La santé sera-t-elle bientôt hors de prix ?

En raison des coûts élevés de la santé, les primes d’assurance-maladie continueront d’augmenter fortement en 2024 : Santésuisse s’attend à une nouvelle hausse des primes supérieure à la moyenne l’année prochaine. La prime par tête élevée pèse particulièrement sur le porte-monnaie des personnes à bas revenus et des familles. Pourtant, des mesures de réduction des coûts de la santé pourraient être mises en œuvre, ce qui permettrait de réduire la charge des primes à long terme.

Le PS Suisse veut symboliser ainsi la charge des primes. (KEYSTONE/Anthony Anex)

Le système de santé suisse est malade. Les coûts de la santé augmentent et avec eux les primes. Pourtant, le système qui veut que tout le monde paie la même prime d’assurance maladie – que l’on gagne 3 000 francs ou 20 000 francs par mois – est toujours en vigueur en Suisse. La prime par tête pèse surtout sur les familles et les personnes à faibles revenus. Seul soulagement : les personnes à bas revenus peuvent bénéficier d’un allègement de leur prime. Celui-ci varie toutefois d’un canton à l’autre. De plus, alors que la charge des primes a augmenté au cours des dernières années, les cantons ont réduit leurs contributions à la réduction des primes : en chiffres absolus, neuf cantons versent même moins de réductions de primes aujourd’hui qu’il y a dix ans.

Conséquence : en raison de l’augmentation des coûts, de nombreuses personnes décident d’atténuer quelque peu la charge des primes en optant pour une franchise élevée. Cela augmente le seuil de consultation du médecin de famille en cas de symptômes de maladie, car les factures jusqu’à 2500 francs doivent à nouveau être payées de leur poche. Selon un rapport du Conseil fédéral, la part des personnes qui renoncent à des prestations médicales pour des raisons de coûts est d’environ 10 % à 20 %.

En bref, il n’est pas étonnant que les primes d’assurance-maladie soient régulièrement citées dans les sondages comme l’une des principales préoccupations de la population.

La gauche demande un allègement plus important des primes

Par le passé, des hommes et des femmes politiques de gauche ont demandé à plusieurs reprises la suppression de la prime par tête antisociale. Elles et ils se sont à chaque fois heurté-es à la majorité bourgeoise du Parlement. Actuellement, le PS vise, avec son initiative d’allègement des primes, un plafonnement des primes à 10 % maximum du revenu. Les personnes qui doivent consacrer plus d’un dixième de leur revenu disponible aux primes d’assurance maladie devraient être soulagées. Ainsi, la prime par tête ne serait pas supprimée, mais les ménages à revenus modestes seraient directement soulagés.

L’initiative se heurte à de nombreuses résistances du côté des partis bourgeois. Lors de la dernière session du Parlement, le Conseil des États a complètement édulcoré le contre-projet à l’initiative d’allègement des primes. Rien que pour l’année prochaine, des expert-es prévoient déjà une hausse des primes de plus de deux milliards de francs. Un allègement de 350 millions de francs, tel que le prévoit le contre-projet actuel du Conseil des États, ne suffit donc de loin pas à soulager efficacement la population.

Réduire les coûts de la santé est possible

Une augmentation de l’allègement des primes aurait un effet positif immédiat sur le pouvoir d’achat de la classe moyenne et des familles, comme l’a montré l’exemple vaudois. Mais en même temps, il faut aussi réduire les coûts de la santé, car ils sont la principale raison de la hausse constante des primes d’assurance-maladie. En Suisse, le système de santé a coûté environ 86 milliards de francs en 2021, soit 35 % de plus que dix ans auparavant.

Dans le prochain article de cette série, « direct » montrera comment les coûts pourraient être concrètement réduits dans les institutions de santé sans que la qualité de l’offre n’en pâtisse. Pour ne rien manquer, abonnez-vous à notre newsletter hebdomadaire ! 

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