La Commission des finances du Conseil national a tranché contre la sécurité des femmes : elle a suivi le Conseil fédéral et sa proposition visant à supprimer l’aide financière fédérale pour la formation des professionnel-les de l’aide aux victimes de violences. Il s’agissait de 300 000 francs par année versé à des établissements de formation « qui œuvrent au niveau national ou régional ».
Cette mesure avait été prévue pour le projet de loi sur le paquet de démantèlement des dépenses publiques, proposée par Karin Keller-Sutter, ministre des Finances libérale-radicale. Sous le prétexte d’« alléger » le budget de la Confédération, la droite souhaite surtout dépenser un minimum des recettes dans l’éducation, le climat, la protection des minorités et la santé. Le paquet de démantèlement fera l’objet de débat au Parlement pendant la session de printemps en mars, le Conseil national peut donc encore corriger la décision de la commission.
Le Conseil fédéral a souligné dans son message que les cantons étaient responsables. « À l’avenir, ils devront supporter eux-mêmes les coûts de formation », déclare le gouvernement. En même temps, le Département des Finances estime que la contribution est « une subvention de très faible ampleur ».
Une mosaïque d’aide aux victimes
Les expert-es dans ce domaine ne partagent pas l’avis de la Confédération. Les organisations sur le terrain ne reçoivent pas assez d’argent pour remplir leur mission, telle que la convention d’Istanbul l’exige.
La formation des professionnel-les de l’aide aux victimes, tels que des travailleur-euse sociaux-ales et des psychologues, est vitale. Le soutien aux victimes de violences nécessite des connaissances très spécifiques. Pour une aide rapide, efficace et de bonne qualité partout en Suisse, il faut standardiser le savoir-faire. Le fait que la qualité et la disponibilité de l’aide varie en fonction du domicile de la victime représente un grand problème.
De plus, les victimes de violences sont souvent marquées par des discriminations croisées : les professionnel-les doivent pouvoir travailler face à des différences culturelles ou savoir comprendre la situation de victimes LGBTQIA+ ou en situation de handicap. Une vraie aide aux victimes doit être accessible à tous-tes, sans discrimination ou marginalisation.
Moins de moyens, plus de cas
Face à une croissance fulgurante de cas de violences sexistes et sexuelles, une chose est claire : l’État doit réagir. En 2024, les centres d’aide aux victimes ont enregistré 51’547 consultations, un record, selon la RTS. En 2025, le collectif de recherche « Stop féminicides » a recensé au moins 27 féminicides. Depuis le début de l’année 2026, déjà 6 féminicides présumés ont été commis. Seule une victime y a survécu.
Le PS Suisse et les Femmes socialistes suisses prévoient de lancer une initiative populaire contre la violence patriarcale. La Constitution obligerait ainsi pour la première fois la Confédération et les cantons à lutter activement contre ce type de violence.
