Les organisations pour l’enfance et la jeunesse s’engagent désormais dans la campagne contre l’acceptation de l’initiative de l’UDC le 14 juin. Parmi elles : Pro Juventute, Protection de l’enfance Suisse, SOS Villages d’Enfants Suisse ainsi que le Conseil Suisse des Associations de Jeunesse. Ensemble, elles soulignent que l’initiative affaiblirait globalement la protection des enfants et des jeunes en Suisse.
Abrogation de la libre circulation des personnes
L’initiative de l’UDC vise à limiter la population de la Suisse. Elle exige que la population résidante permanente ne dépasse pas la limite des dix millions de personnes d’ici 2050. Dès que le seuil arbitraire de 9,5 millions serait atteint, le gouvernement et le Parlement seraient tenus de prendre des mesures correctives. Cela inclut des règles plus strictes en matière d’autorisations de séjour ainsi que des restrictions au regroupement familial. Cela conduirait à la dénonciation de la libre circulation des personnes.
Ces restrictions rigides de la population pourraient conduire à la séparation des familles ou à ce que des enfants se retrouvent dans des situations de vie précaires. Les organisations jugent particulièrement critiques les éventuels durcissements concernant le regroupement familial, qui auraient des répercussions directes sur le bien-être des enfants concerné-es. « Environ 40 % de toutes les demandes d’asile en Suisse émanent d’enfants et d’adolescent-es. Cela montre l’importance particulière des droits de l’enfant dans le domaine de l’asile », écrit l’alliance.
Rupture avec la Convention des Nations unies relative aux droits de l’enfant
Du point de vue de l’alliance, la rupture avec la Convention des Nations unies relative aux droits de l’enfant serait encore plus grave. Une dénonciation de cet accord international, afin de respecter le plafonnement démographique, reviendrait à un recul historique. Selon les associations, l’UDC mettrait ainsi en jeu la crédibilité de la Suisse en tant que gardienne de la tradition humanitaire.
La Convention n’est pas un document symbolique, mais oblige les autorités et les tribunaux à prendre en compte de manière prioritaire l’intérêt supérieur de l’enfant dans toutes leurs décisions. Les droits de l’enfant ne sont pas négociables et ne doivent pas être subordonnés à des seuils statistiques.
En tant que parti de droite conservatrice, l’UDC se présente volontiers comme la protectrice des enfants et des familles. Mais avec cette initiative, elle dévoile sa véritable position : les enfants titulaires d’un passeport suisse méritent davantage de protection que celles et ceux ayant une autre nationalité. Pour atteindre ses objectifs xénophobes, elle est prête à mettre en danger les plus vulnérables.
lal




