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Accords bilatéraux en danger : ce que l’initiative du chaos de l’UDC changerait pour vous

Un « oui » à l’initiative du chaos de l’UDC entraînerait la fin de la voie bilatérale avec l’Union européenne (UE). Les conséquences seraient dramatiques et se répercuteraient sur tous les domaines de la vie. En voici un aperçu.

Deux drapeaux hissés sur un même mât par une journée ensoleillée. En haut, le drapeau de l'Union européenne — fond bleu orné d'un cercle de douze étoiles dorées. En dessous, le drapeau de la Suisse — fond rouge avec une croix blanche centrale. À l'arrière-plan, un lac calme, une ligne de collines verdoyantes et une ville aux maisons colorées, sous un ciel bleu légèrement nuageux.
Image : keystone/Gaetan Bally

Si l’initiative du chaos était acceptée, le Conseil fédéral devrait renégocier des accords internationaux, tels que l’accord sur la libre circulation des personnes (ALCP). Le texte de l’initiative prévoit en effet une restriction du regroupement familial, en particulier pour les citoyen-nes de l’UE.

Le Conseil fédéral estime toutefois qu’une renégociation de l’ALCP est irréaliste. La Conférence des gouvernements cantonaux souligne également que l’acceptation de l’initiative mettrait en péril la voie bilatérale avec l’UE : « il est prévisible que l’accord sur la libre circulation des personnes avec l’UE, en particulier, devrait être dénoncé. En raison des clauses de guillotine, cela aurait pour conséquence la suppression de tous les accords bilatéraux I avec l’UE. »

L’acceptation de l’initiative entraînerait donc la résiliation de plusieurs accords avec l’UE. Ce que cela signifie est déjà clair.

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Le marché d’exportation et les emplois

Dès que la Suisse atteindra 9,5 millions d’habitant-es, ce qui devrait être le cas d’ici quatre à cinq ans selon les estimations, l’initiative du chaos prévoit des mesures rigides visant à limiter la population. Et ce, alors même que le nombre de personnes actives est déjà en baisse dans de nombreux cantons. Si l’initiative était acceptée, la pénurie de main-d’œuvre actuelle s’aggraverait considérablement, avec des conséquences graves pour l’artisanat, les entreprises et le système de santé. Des dizaines de milliers d’emplois ne pourraient plus être pourvus.

En outre, si l’accès au marché de l’UE venait à disparaître, les conséquences pour l’économie suisse seraient considérables : aujourd’hui, 51 % de toutes les exportations suisses sont destinées à l’UE. La Suisse perdrait ainsi son principal partenaire commercial. Par conséquent, un « oui » à l’initiative sonnerait le glas de nombreuses PME exportatrices. Des dizaines de milliers d’emplois sont donc en jeu.

L’économie ne serait pas la seule à sombrer dans le chaos si l’initiative était acceptée. Le monde de la recherche serait également touché. Le Fonds national suisse de la recherche scientifique (FNS)  met en garde contre le fait que la Suisse serait à nouveau exclue du programme de recherche Horizon. Cela entraînerait une longue réaction en chaîne : par exemple, les chercheur-euses travaillant dans des PME de haute technologie ou des start-ups seraient limité-es en raison de l’exclusion d’Horizon Europe, ce qui aurait un impact négatif sur le produit intérieur brut.

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Les salaires soumis à une pression massive

La dénonciation de l’accord sur la libre circulation des personnes entraînerait également la suppression des mesures d’accompagnement. Cela signifierait non seulement la fin de la protection des salaires, mais aussi celle des contrôles des conditions de travail, tel que nous les connaissons actuellement.

Les contrôles des conditions de travail seraient considérablement compliqués, voire supprimés, par l’acceptation de l’initiative du chaos. Les entreprises pratiquant du dumping salarial n’auraient alors pratiquement plus à craindre de sanctions et les employé-es travailleraient dans de mauvaises conditions en Suisse. Des logements de mauvaise qualité, des salaires bas et des journées de travail beaucoup trop longues seraient monnaie courante.

Mais l’acceptation de l’initiative n’aurait pas seulement des conséquences massives pour les personnes envoyées en Suisse pour travailler, par exemple dans le secteur de la construction. Les conséquences seraient perceptibles pour toutes et tous, avec ou sans citoyenneté suisse.

Car, en raison de la pénurie de main-d’œuvre, la pression sur l’ensemble des actif-ves s’accentuera de manière générale. Afin de compenser le manque de personnel, les entreprises et la politique seraient forcées de mettre en place des mesures compensatoires : de l’allongement des horaires de travail à l’augmentation de la charge de travail en passant par l’augmentation de l’âge de la retraite.

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Crise des soins et baisse des retraites

Aujourd’hui, des dizaines de milliers de personnes sans passeport suisse travaillent dans les hôpitaux suisses, en tant que médecins, soignant-es et dans d’autres professions médicales. Malgré cela, la Suisse manque déjà aujourd’hui de milliers de soignant-es. Selon les prévisions, d’ici 2030, il manquera déjà 30 000 soignant-es et, d’ici 2040, 40 000 soignant-es.

Près de la moitié des médecins et un tiers de l’ensemble du personnel des hôpitaux suisses sont originaires de l’étranger. Si cette main-d’œuvre venait soudainement à manquer, cela risquerait d’entraîner la fermeture d’hôpitaux et une aggravation massive de la pénurie de personnel. Cela augmenterait non seulement considérablement la pression sur les soins dans les régions rurales, mais rendrait également plus difficile la prise en charge des personnes âgées dans les établissements médico-sociaux.

Les futurs retraité-es souffriraient doublement de l’initiative du chaos : celle-ci entraîne non seulement une pénurie de personnel soignant, mais a également un impact sur les futures retraites. Le calcul est simple : s’il y a nettement moins de personnes actives cotisant à l’AVS et que le nombre de retraité-es augmente, ce sont des milliards de recettes qui manqueront dans les caisses sociales. Selon l’Union syndicale suisse (USS), les retraites des travailleur-euses aujourd’hui âgé-es baisseraient ainsi d’environ 1 100 francs, ce qui s’accompagnerait d’une baisse des rendements et des taux d’intérêt. Les employé-es plus jeunes d’aujourd’hui devraient s’attendre à des retraites inférieures de 10 % — ce qui représenterait environ 2 500 francs de moins par an.

lal


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