Erich Ettlin, conseiller aux États du Centre originaire d’Obwald, est à l’origine d’une motion visant à instaurer une nouvelle loi fédérale contre les salaires minimaux. À l’avenir, les salaires fixés dans les conventions collectives de travail déclarées de force obligatoire (CCT étendue) prévaudraient sur les salaires minimaux légitimés démocratiquement. En d’autres termes : si le salaire prévu dans une CCT étendue est inférieur au salaire minimum légal, ce dernier sera contourné.
Pour la souveraineté des cantons
Le conseiller fédéral de l’UDC Guy Parmelin n’est pas le seul à trouver que cela va trop loin : de nombreux-ses politicien-nes du Centre s’opposent également au projet de leur collègue de parti. C’est notamment au Conseil des États que le gel du salaire minimum a rencontré une opposition : quatre membres du Centre ont voté contre – Marianne Binder-Keller (Argovie), Isabelle Chassot (Fribourg), Charles Juillard (Jura) et Heidi Z’graggen (Uri).
Isabelle Chassot a souligné dans son intervention sur le projet que la souveraineté des cantons et les décisions démocratiques des populations cantonales et communales devaient être respectées ; même si elle-même, tout comme la majorité des électeur-trices de son canton, n’avait pas soutenu l’introduction d’un salaire minimum à Fribourg.
Plus de la moitié du groupe du Centre ne vote pas pour
Outre les voix contre, quatre autres centristes au Conseil des États se sont abstenus lors du vote final. Ainsi, huit des quinze conseiller-ères du Centre ne soutiennent pas leur collègue de parti Ettlin sur cette question.
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Au Conseil national également, le groupe du Centre ne s’est pas montré uni. Trois membres ont voté contre le projet : l’ancien président du groupe du Centre Gerhard Pfister, de Zoug, le Tessinois Giorgio Fonio et le Soleurois Stefan Müller-Altermatt. À cela s’ajoutent deux abstentions. Lors des débats au Conseil national, Fonio a posé la question suivante : « Pourquoi la majorité de la commission ne respecte-t-elle pas ici le fédéralisme et la décision populaire cantonale ? »
Même si les dissident-es du Centre ne défendent pas fermement le salaire minimum en tant qu’instrument politique, la Constitution et la souveraineté cantonale ont pour elles et eux davantage de priorité que le soutien inconditionnel aux membres de leur Groupe parlementaire. La question de savoir si ces parlementaires soutiendront le référendum contre le salaire minimum reste pour l’instant en suspens.
jsc
