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« Pas de guerre » : comment l’UDC trompe l’électorat

Le 27 septembre, la soi-disant « initiative sur la neutralité » de l’UDC sera soumise au vote. Cette initiative vise à empêcher la Suisse de reprendre les sanctions de l’UE, par exemple contre le régime de Poutine. Le comité du « oui » fait campagne pour son initiative pro-Poutine avec le slogan « Pas de guerre » et une colombe de la paix. Voici cinq raisons pour lesquelles ce slogan est trompeur.

Collage montrant à gauche des affiches de protestation suisse avec les slogans 'Pas de GUERRE' et 'Kein KRIEG' (Non à la guerre en français et allemand) avec le logo du référendum suisse, et à droite une boîte en bois contenant un arsenal organisé de plusieurs fusils d'assaut noirs alignés horizontalement avec des chargeurs et accessoires tactiques.
Images : keystone/Ennio Leanza/Peter Schneider

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La Suisse financerait des guerres contraires au droit international

Après l’invasion de l’Ukraine par Poutine en 2022, en violation du droit international, la Suisse a repris les sanctions de l’UE contre la Russie. Si l’initiative est acceptée, cela ne sera plus possible : les sanctions déjà imposées contre le régime de Poutine devraient même être levées. Par conséquent, les banques et les négociants en matières premières suisses pourraient continuer à faire des affaires sans entraves avec des États et des régimes qui enfreignent le droit international.

Avant 2022, la Suisse était considérée comme l’une des principales places commerciales du régime de Poutine. D’après les chiffres de l’ambassade de Suisse à Moscou, avant le début de la guerre, environ 80 % du commerce russe des matières premières passait par les places financières suisses de Zoug, Genève et Lugano. Si l’initiative de l’UDC était adoptée, la Suisse contribuerait à financer, depuis son territoire, la guerre d’agression menée par le régime de Poutine. Est-ce neutre ?

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L’initiative mènerait à une militarisation massive

« Un pays neutre a besoin d’une armée forte pour pouvoir se défendre. L’initiative vise donc à inscrire la neutralité armée dans la Constitution », explique Marcel Dettling, président de l’UDC, dans la NZZ.

Qu’est-ce que cela signifie concrètement ? L’UDC veut militariser la Suisse en inscrivant la neutralité armée dans la Constitution, une première depuis 1848. Aujourd’hui déjà, le Parlement a décidé d’augmenter massivement le budget de l’armée.

L’inscription d’une neutralité « armée » dans la Constitution donnerait un nouvel élan à la militarisation et au renforcement de l’armée suisse, y compris sur le plan financier. Et cela, précisément à une époque où la Confédération réduit massivement ses dépenses dans la coopération au développement, l’éducation et l’égalité.

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La Suisse ne pourrait plus adopter de sanctions contre Israël

Avec cette « initiative sur la neutralité », ses auteurs veulent empêcher la Suisse, à l’avenir, d’adopter des sanctions contre des États en guerre. Une seule exception est prévue : les sanctions décidées par l’ONU resteraient autorisées. Mais les grandes puissances, comme la Russie ou les États-Unis, disposent d’un droit de veto. C’est ainsi que les États-Unis parviennent à bloquer toute sanction contre Israël.

En revanche, l’Union européenne a adopté des sanctions contre le gouvernement de Benjamin Netanyahou, ainsi que contre des colons violents. Si l’initiative pro-Poutine était acceptée, la Suisse ne pourrait en principe plus reprendre les sanctions de l’UE. Aujourd’hui, c’est le Conseil fédéral qui décide, au cas par cas, si et dans quelle mesure les sanctions internationales sont reprises. Pour cela, il tient compte de critères de politique étrangère.

Ce nouveau régime des sanctions marquerait une rupture fondamentale avec le rôle de la Suisse en tant qu’État dépositaire des Conventions de Genève, défenseur du droit international humanitaire et siège de nombreuses ONG engagées en faveur de ce droit. Au lieu de promouvoir le respect des règles internationales, la Suisse limiterait ainsi sa capacité à réagir face à leur violation.

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L’UDC et ses liens avec Vladimir Poutine

Deux semaines après la reprise par le Conseil fédéral des sanctions européennes contre la Russie, le doyen de l’UDC, Christoph Blocher, a annoncé l’initiative sur la neutralité.

L’UDC est depuis longtemps considérée comme le parti suisse le plus favorable à Poutine. L’exemple le plus connu est Roger Köppel, ancien conseiller national zurichois et rédacteur en chef de l’hebdomadaire Weltwoche. Après l’invasion de l’Ukraine en 2022, Roger Köppel a qualifié Poutine d’« incompris » à la une de la Weltwoche et a rendu l’Occident responsable de la guerre menée par le régime de Poutine.

Jusqu’à aujourd’hui, la Weltwoche publie régulièrement des articles favorables à la Russie. Par exemple, en juillet 2026, elle a publié des entretiens avec la directrice de la chaîne d’État russe Russia Today (RT), sanctionnée par l’UE, avec le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, ainsi qu’avec le blogueur allemand Thomas Röper, lui aussi sanctionné, à propos de la situation à Moscou. Ce ne sont pas des coïncidences.

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Prochain objectif de l’UDC : autoriser à nouveau les livraisons de matériel de guerre à des États autoritaires

Alors que l’UDC prétend, avec son initiative pro-Poutine, œuvrer pour davantage de paix et de sécurité, le parti veut également autoriser à nouveau les livraisons de matériel de guerre suisse à des États autoritaires. Après le vote sur l’initiative en septembre, une révision de la loi sur le matériel de guerre (LMG), qui en assouplit les règles, sera également soumise au vote en novembre.

Il est d’ailleurs intéressant de noter que le Conseil fédéral n’a pas soumis les deux projets au vote le même jour. Cela s’explique sans doute aussi par le fait que les partisanes et partisans de l’initiative pro-Poutine auraient du mal à défendre les deux textes simultanément : d’un côté, avec l’initiative sur la neutralité, ils veulent interdire les sanctions contre le régime de Poutine ; de l’autre, avec la révision de la loi sur le matériel de guerre, ils soutiennent un projet qui exclut les exportations d’armes vers l’Ukraine.

En revanche, les livraisons à des pays en guerre comme les États-Unis redeviendraient possibles et des armes suisses pourraient finir en Israël. Selon les auteurs de cet article, l’UDC a délibérément conçu cette révision de la LMG afin d’empêcher toute solidarité avec l’Ukraine et de poursuivre sa politique pro-Poutine.

lal


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