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Réduction du temps de travail : la crainte des patrons face à des salarié-es en bonne santé

Des projets pilotes à grande échelle menés dans divers pays démontrent les effets positifs d’une réduction du temps de travail ou de la semaine de quatre jours. De plus en plus d’entreprises réduisent donc le temps de travail de leurs salarié-es. Mais les responsables politiques de droite et les organisations patronales en Europe ne veulent rien savoir de tout cela et préfèrent faire pression pour allonger le temps de travail.

Une personne aux cheveux bouclés portant des lunettes bleues et une chemise en denim est assise à un bureau en bois. Elle se tient la tête entre les mains dans une posture de réflexion ou de fatigue. Devant elle se trouvent un ordinateur portable, un smartphone, un bloc-notes et des fournitures de bureau (stylos, lampe bleue). L'arrière-plan montre un espace de travail moderne avec des rangements, des post-it colorés et des plantes décoratives.
Image : Unsplash

De nombreux projets pilotes le montrent clairement : tant les salarié-es que les entreprises profitent d’une réduction du temps de travail à salaire égal. La motivation augmente, car il est plus facile de concilier vie privée et vie professionnelle. La santé mentale s’améliore, tout comme la résilience.

Le travail n’est pas négligé, mais il est accompli plus efficacement. De plus, le taux de rotation du personnel diminue, car les salarié-es ont plus de plaisir à travailler dans une entreprise qui se soucie de leur bien-être. En bref : c’est une situation gagnant-gagnant.

Il n’est donc guère surprenant que la majorité des entreprises participant aux projets pilotes aient décidé de conserver ces horaires de travail réduits. C’est également le cas en Suède : 10 entreprises sur 11 ont implémenté ce modèle de manière permanente. Cependant, si l’on examine les dispositions légales et l’évolution du temps de travail, il apparaît de manière claire que les conclusions tirées des projets pilotes n’ont pas encore été prises en compte par l’entièreté du monde politique.

Les patrons tête baissée sur la mauvaise voie de Friedrich Merz

C’est ce que montre également la lutte idéologique menée par la droite contre le travail à temps partiel. Le concept de « Lifestyle-Teilzeit » (temps partiel de confort, N.D.L.R.), introduit dans le débat public en début d’année par le chancelier allemand Friedrich Merz et repris depuis lors à maintes reprises par les organisations patronales, renforce l’idée selon laquelle quiconque ne consacre pas au moins 42 heures par semaine à un travail salarié fait preuve de paresse et d’égoïsme.

On ignore ainsi que le stress et la pression ne cessent d’augmenter, que la récupération devient plus difficile, et que le travail de soins non rémunéré ne se limite pas à la garde de ses propres enfants. Dans le même temps, surtout en Suisse, la productivité — et donc aussi la rentabilité — a massivement augmenté et se situe à un niveau supérieur à la moyenne. Parallèlement, les salaires stagnent dans les secteurs à bas et moyens revenus.

La promesse capitaliste selon laquelle « plus de travail et de productivité sont bénéfiques pour les travailleuses et travailleurs » ne trompe plus depuis longtemps. Ces deux éléments ne sont rentables que pour l’accumulation du capital.

Les salarié-s doivent travailler encore plus longtemps

En Allemagne et en Suisse, non seulement on s’en prend au travail à temps partiel et on empêche la réduction du temps de travail, mais on vide également, petit à petit, le droit du travail de sa substance. Alors qu’en Allemagne, avec le nouveau paquet de réformes du gouvernement fédéral, les salarié-es doivent présenter un certificat médical dès le premier jour de maladie, en Suisse, on remet en question les jours de repos et les réglementations relatives au temps de travail.

Le Conseil national se prononcera bientôt sur une initiative cantonale de Zurich qui demande que, à l’avenir, douze dimanches par an soient ouverts au commerce dans toute la Suisse, au lieu de quatre actuellement. Parallèlement, le conseiller aux États du PLR Thierry Burkart réclame, dans une initiative parlementaire, une extension massive de la durée maximale autorisée du travail en télétravail, en la passant de 14 à 17 heures.

L’opinion de la population va toutefois dans une direction quelque peu différente : selon une étude de Sotomo, plus des deux tiers des Suiss-esses estiment en effet que l’on travaille trop dans ce pays. Jusqu’à présent, les souhaits de la population concernant la réduction du temps de travail sont toutefois restés lettre morte auprès des partis bourgeois.


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