Même si les forces de droite souhaitent redorer le blason de l’énergie nucléaire, cette technologie s’accompagne de nombreux problèmes. Outre l’origine de l’uranium, dont l’extraction s’accompagne pratiquement partout de grandes souffrances humaines et du non-respect des droits fondamentaux, le risque d’un accident nucléaire majeur — la fusion du cœur — demeure. Malheureusement, l’humanité a déjà connu de telles catastrophes.
Tchernobyl
Outre plusieurs fusions partielles du cœur survenues avant les années 1980, un accident nucléaire majeur s’est produit en 1986 à Tchernobyl, en Ukraine, dans l’ancienne Union soviétique. Il s’agissait du premier accident classé au niveau 7, le plus élevé, par l’Agence internationale de l’énergie atomique. Selon un rapport de l’Institut Paul Scherrer publié en 1998, la fusion du cœur survenue le 26 avril a coûté la vie à 9 000 à 33 000 personnes. En 2006, Greenpeace a estimé que le nombre de décès était bien plus élevé en raison de l’augmentation des cas de cancer en Ukraine, en Biélorussie et en Russie.
Le site de Tchernobyl reste un danger. Car depuis la catastrophe de 1986, un sarcophage protège le réacteur n° 4 accidenté de la centrale nucléaire. Celui-ci a été rénové en 2016 et mis officiellement en service en 2019. La Russie, suite à son invasion de l’Ukraine, a attaqué cette structure avec des drones en 2025, au cours de laquelle elle a été gravement endommagée. La plus grande centrale nucléaire d’Europe, située dans la ville ukrainienne de Zaporijjia, fait elle aussi régulièrement la une des journaux en raison des attaques russes.
Jusqu’à présent, aucun rejet dangereux de radioactivité dans l’atmosphère n’a été enregistré, ni à Tchernobyl ni à Zaporijjia. Les opérations militaires menées à proximité des centrales nucléaires sont toutefois extrêmement risquées et tiennent en haleine les habitant-es de la région depuis désormais plus de quatre ans.
Fukushima
La catastrophe de Tchernobyl connaîtra son quarantième anniversaire en 2026. Vingt‑cinq ans seulement après le premier accident nucléaire majeur, un tsunami a provoqué un deuxième accident au Japon. C’est ainsi qu’est survenue la deuxième catastrophe nucléaire classée au niveau maximal 7. À la centrale nucléaire de Fukushima également, plusieurs réacteurs ont subi une fusion du cœur. Plus de 160 000 personnes ont dû être évacuées à la suite de l’accident.
Le risque d’accident nucléaire majeur demeure
La catastrophe de Fukushima le montre bien : même si les partisan-es du nucléaire ne cessent d’affirmer que les technologies ont évolué et que les accidents peuvent être pratiquement exclus, il n’existe aucune garantie à 100 % en matière de sécurité. Avec une technologie comme l’énergie nucléaire, cela est particulièrement dévastateur, car des régions entières du pays peuvent devenir inhabitables pendant longtemps. La flore et la faune sont contaminées et mettent des années à se remettre de la catastrophe.
Les conséquences sanitaires pour la population, y compris les générations futures, sont également graves. Les femmes et les enfants sont particulièrement touché-es — comme c’est le cas lors de tous les événements dangereux. Non seulement sont-elles directement menacées, notamment parce qu’il leur est plus difficile de fuir, mais aussi parce que les rayonnements radioactifs les affectent plus durement que les hommes adultes. C’est la conclusion d’un rapport de Greenpeace qui a examiné de près la dimension de genre de la catastrophe de Fukushima.
Autres risques
En parlant des générations futures : un autre problème lié aux nouvelles centrales nucléaires est le stockage définitif des déchets nucléaires. Les matières radioactives doivent être stockées en toute sécurité pendant des millions d’années — il n’existe encore aucune solution sûre à l’échelle mondiale pour cela.
Mais même à court terme, l’énergie nucléaire pose des problèmes à la Suisse. D’une part, la dépendance vis-à-vis de la Russie et d’autres pays à régime autocratique s’est accrue en raison des importations d’uranium nécessaires. Lorsque la Suisse achète de l’uranium russe, par exemple, elle alimente par la même occasion le trésor de guerre de Vladimir Poutine.
D’autre part, la construction de nouvelles centrales nucléaires entraînerait des coûts élevés, d’au moins 25 milliards, comme le montre une étude du groupe énergétique Axpo. La construction d’une nouvelle centrale nucléaire ne pourrait donc pas être réalisée sans subventions. De l’argent qui ferait défaut pour le développement des énergies renouvelables, à la fois bon marché et propres.
Malgré toutes ces raisons, le Conseil fédéral et la majorité bourgeoise au Parlement veulent renverser la sortie du nucléaire décidée en 2017 et, par là même, l’interdiction de construire de nouvelles centrales nucléaires. Seul le référendum peut encore empêcher cela.
jsc
