Le service civil permet aux conscrit-es en conflit de conscience avec le service militaire d’accomplir leur obligation de servir autrement. Cela fait depuis 1992 que cette alternative à l’armée existe et qu’elle dérange la droite. C’est pourquoi la majorité au Parlement a révisé la loi sur le service civil, qui affaiblirait considérablement ce dernier. Une alliance entre les Jeunes Vert-e-x-s, le PS, le GSSA et la fédération pour le service civil CIVIVA a lancé le référendum.
Car, loin d’être marginal, le service civil représente aujourd’hui un rouage essentiel de notre collectivité. En 2025, près de 2 millions de jours de service civil ont été effectués. Quelque 5000 établissements d’affectation en bénéficient : EMS, hôpitaux, écoles, réserves naturelles, exploitations agricoles.
Les civilistes apportent un soutien concret dans des domaines variés, en effet, elles et ils soulagent le personnel soignant des EMS dans leur quotidien chargé, prêtent main-forte aux familles d’agriculteur-trices pour la gestion des surfaces dédiées à la biodiversité, ou encore participent à l’entretien des réserves naturelles. Autant de tâches qui, faute de ressources suffisantes, ne pourraient bien souvent pas être assurées sans elles et eux.
Une loi taillée pour décourager
La révision soumise au vote le 14 juin durcit les conditions d’accès au service civil. Parmi les mesures phares figurent une affectation obligatoire de six mois dès l’année suivant l’admission, sans égard pour les études, la vie familiale ou les obligations professionnelles ; jusqu’à 150 jours de service supplémentaire à titre de sanction ; la suppression des affectations pour les étudiant-es en médecine, en pleine pénurie de personnel soignant.
Le tout assorti d’une contrainte nouvelle pour les soldats en conflit de conscience, qui ne pourraient plus faire valoir librement ce droit fondamental. Le résultat prévisible ? Une chute de 40 % d’admission au service civil, sans nécessairement que l’armée en profite. En effet, une partie des découragé-es se feront simplement réformer médicalement.
Un « non » pour défendre l’essentiel
Le service civil est un pilier concret de notre société, et cette société traverse des crises multiples : crise climatique, effondrement de la biodiversité, pénurie de personnel soignant, etc. Dans ce contexte, affaiblir le service civil revient à retirer des mains là où elles sont le plus nécessaires.
L’alliance pour le service civil souligne qu’à l’heure où chaque hectare de nature protégée compte et où chaque forêt gérée durablement est une réponse concrète au dérèglement climatique, les civilistes effectuent un travail que personne d’autre ne ferait. Cette révision, déguisée en réforme technique, prive du jour au lendemain ces établissements d’un renfort indispensable. Ce n’est pas une économie — c’est un recul au mauvais moment.
Cette loi ne tombe pas du ciel. Elle s’inscrit dans une stratégie assumée de démantèlement progressif, également appelée la « tactique du saucisson ». En employant celle-ci, la droite grignote les droits fondamentaux tranche par tranche. Parmi eux, le droit de chaque personne à refuser le service militaire si celui si n’est pas compatible avec sa conscience.
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