Lors de la session d’été, la majorité de droite a adopté pas moins de trois reculs désastreux : de l’affaiblissement des salaires minimaux à la construction de nouvelles centrales nucléaires, en passant par un accord de libre-échange qui fait fi des droits humains et de la protection du climat. Trois référendums ont désormais été lancés contre ces décisions. Mais les signatures doivent être recueillies dans un délai de trois mois, y compris pendant la pause estivale.
Loi sur la baisse des salaires : les salaires minimaux sous pression
Si la décision de la majorité bourgeoise au Parlement est confirmée par la population, les salaires prévus par les conventions collectives de travail déclarées de force obligatoire (CCT ave) primeront sur les salaires minimums cantonaux et communaux. Cela signifie que si un canton fixe un salaire minimum supérieur à celui prévu par la CCT ave, ce dernier ne s’appliquera plus. De plus, les salaires minimaux déjà adoptés devraient être gelés.
Le Parlement porte ainsi non seulement atteinte au fédéralisme et, par là même, à la Constitution fédérale, mais il s’en prend aussi directement à la dignité des personnes exerçant des professions faiblement rémunérées. C’est pourquoi le Conseil fédéral rejette également cette loi.
L’Union syndicale suisse ainsi que le PS Suisse ont donc lancé un référendum. Vous pouvez le signer ici.
Contre-projet à l’initiative « Blackout » : la sortie du nucléaire en danger
Cela fait moins de dix ans que le peuple suisse a décidé de sortir du nucléaire. Les partis de droite au Parlement veulent désormais renverser cette décision par le biais d’un contre-projet indirect à l’initiative populaire « Stop au black-out ». Cela permettrait de nouveau la construction de nouvelles centrales nucléaires.
Les conséquences négatives sont multiples : la Suisse redeviendra plus dépendante de la Russie et d’autres États autocratiques en raison des importations d’uranium nécessaires ; l’argent qui aurait dû être investi dans le développement des énergies renouvelables propres sera réaffecté à l’énergie nucléaire ; le risque d’un accident nucléaire majeur demeure, comme nous l’a clairement montré la catastrophe de Fukushima en 2011.
Une large alliance a donc lancé un référendum contre la contre-proposition. Vous pouvez le signer ici.
Accord de libre-échange avec la Malaisie : les droits humains font les frais de cet accord
Les bourgeois-es au Parlement ont également approuvé un accord de libre-échange avec la Malaisie. La protection de la forêt tropicale, et donc du climat, y est ignorée au profit des intérêts financiers — et les droits humains en font les frais.
Les critiques à l’encontre de cet accord portent sur trois points essentiels. Premièrement : de nombreux cas de travail forcé et de travail des enfants ont été documentés dans les plantations de palmiers à huile malaisiennes, tandis que les communautés autochtones sont chassées de leurs terres au profit de la production agricole industrielle. Cet accord accorde des allègements douaniers pour les produits à base d’huile de palme sans exiger le respect des normes internationales en matière de travail et de droits de l’homme.
Deuxièmement, ce sont surtout les grands groupes pharmaceutiques et agricoles qui profitent de cet accord : des règles plus strictes en matière de protection de la propriété intellectuelle — notamment concernant les semences — profitent à des entreprises comme Syngenta, tandis que l’accès à des médicaments abordables s’en trouve restreint. Troisièmement, la forêt tropicale malaisienne risque de subir de nouveaux dommages : la baisse des droits de douane sur l’huile de palme — l’un des principaux facteurs de la déforestation — crée de nouvelles incitations économiques à poursuivre la destruction de l’un des écosystèmes les plus riches en biodiversité au monde.
Une large alliance a également lancé un référendum contre cet accord de libre-échange. Vous pouvez le signer ici.
lal
