Elle fait déjà l’objet de nombreuses discussions, près de trois mois avant le scrutin : l’initiative du chaos de l’UDC. Le surnom de « Chaos » donné à cette initiative en dit long : dès que la Suisse dépasse le seuil des 9,5 millions d’habitant-es, les accords bilatéraux avec l’UE seraient résiliés en raison de la dénonciation de l’accord sur la libre circulation des personnes. Cela plongerait la Suisse dans le chaos — tant sur le plan économique que social.
Le PS, les syndicats et les Vert-es ont présenté leur campagne fin mars. Cédric Wermuth, co-président du PS Suisse, a souligné lors de la conférence de presse : « Dans un monde où Trump est au pouvoir, la Suisse a plus que jamais besoin de relations stables avec l’Europe. ».
L’initiative du chaos met en péril les retraites
Concrètement, des emplois seraient perdus dans les PME orientées vers l’exportation et les travailleur-euses de nationalité étrangère se retrouveraient en situation de précarité : sans protection salariale, ils et elles seraient une cible facile pour l’exploitation. Le secteur de la santé serait particulièrement touché. De plus, les familles de citoyen-nes de l’UE devraient craindre d’être expulsées à tout moment. Elles deviendraient des citoyen-nes de seconde zone, alors que la Suisse dépend de leur travail, affirment les opposant-es à l’initiative.
L’UDC a par ailleurs ignoré l’impact de son initiative sur les institutions sociales suisses, comme le souligne l’alliance de gauche. Aujourd’hui, selon une étude commandée par l’Office fédéral des assurances sociales, les personnes de nationalité étrangère paient environ 25 % des cotisations AVS, AI et APG, mais ne perçoivent que 15 % de l’ensemble des prestations. L’exclusion de la main-d’œuvre étrangère affecterait donc aussi fortement les retraites des travailleur-euses suisses.
Des relations stables sont essentielles
Une étude de l’association faîtière Economiesuisse montre également que la Suisse se porterait mieux si elle ne s’isolait pas davantage en Europe : si les accords bilatéraux avec l’UE venaient à disparaître, le PIB baisserait de plus de 7 % d’ici 2045. Cela aussi, l’UDC semble habilement l’occulter.
