Le « Conseil de paix » : un rejet du droit international

En marge du Forum économique mondial, le président américain Donald Trump a créé le « Conseil de paix ». La Suisse a également été invitée à y participer et n’a pas encore décliné l’invitation.

Donald Trump, un homme en costume sombre, avec une cravate, se tient devant un pupitre officiel. Le pupitre porte le sceau présidentiel des États-Unis. L’homme semble s’exprimer ou écouter attentivement, avec un micro devant lui. Derrière lui, un fond bleu présente à plusieurs reprises le texte « BOARD PEACE » ainsi que le logo du département d’État américain. Une petite composition florale blanche est placée sur le pupitre à droite.
Image: keystone/AP Photo/Markus Schreiber

Alors que ses agents de l’immigration exécutent de sang-froid des personnes à Minneapolis, le président américain Donald Trump fonde son « Conseil de paix » lors du WEF à Davos. Le logo lui-même montre clairement de quoi il s’agit : s’en prendre à l’ONU.

Tandis que sur le drapeau des Nations unies, le globe terrestre est entouré de branches de laurier avec le pôle Nord au centre, seule l’Amérique du Nord occupe le centre du drapeau du « Conseil de la paix », également entourée de branches de laurier. Celles-ci sont, naturellement, dorées. Il est étonnant que Trump n’ait pas placé son propre portrait au centre. Il devrait en effet rester président du Conseil jusqu’à la fin de sa vie et décider qui en fait partie et qui n’en fait pas partie.

« Assurer la paix » par la force

À l’origine, la création d’un groupe international de stabilisation faisait partie du « plan de paix pour Gaza ». Celui-ci a été approuvé par le Conseil de sécurité de l’ONU. Sa mission définie est « d’assurer la paix conformément au droit international ».

Aujourd’hui, Trump affirme que son conseil pourrait remplacer l’ONU et assumer ses tâches. L’une d’entre elles serait « garantir la paix » même au-delà de la bande de Gaza, à l’échelle mondiale. Cependant, si l’on considère les actions de Trump au cours des derniers mois, le droit international en vigueur jusqu’à présent ne devrait plus jouer aucun rôle. À plusieurs reprises, les États-Unis ont enfreint le droit international, que ce soit au Venezuela, en haute mer ou en Iran. Trump a également menacé d’envahir le Groenland si le Danemark refusait de lui vendre cette île de l’Arctique.

La Suisse réfléchit

Plusieurs États ont déjà accepté l’invitation de Trump à rejoindre le conseil. La densité d’autocrates potentiels et réels est élevée, avec l’Argentine, la Hongrie, l’Égypte, l’Arabie saoudite et la Turquie. L’adhésion est valable trois ans. Pendant cette période, les pays doivent verser au moins un milliard de dollars américains au comité pour pouvoir rester membres.

À ce jour, de nombreux pays de l’UE ont décliné l’invitation, notamment l’Allemagne, l’Italie et la France, voisines de la Suisse. Et la Confédération? Interrogé à ce sujet, le ministre des Affaires étrangères Ignazio Cassis a déclaré qu’il examinait la question, cherchant ainsi une fois de plus à ne pas froisser le président américain.

Micheline Calmy-Rey, ancienne conseillère fédérale responsable des Affaires étrangères, attend une prise de position claire contre le Conseil de la part du gouvernement suisse. Elle a ajouté que « si la Suisse devenait membre, elle serait une marionnette entre les mains de Donald Trump ».

La Suisse pourrait user de son influence en faveur de la paix ailleurs : elle présidera l’OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe) en 2026. Reste à voir si Ignazio Cassis saisira cette occasion pour prendre position en faveur du droit international ou s’il préférera rester passif. Jusqu’à présent, sa devise semble être : ne surtout pas faire trop de bruit.


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