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L’initiative de l’UDC plonge la Suisse dans le chaos

Le 14 juin, nous voterons sur l’initiative du chaos de l’UDC (« Pas de Suisse à 10 millions »). Cette initiative impose la résiliation des accords bilatéraux avec l’UE et plongerait ainsi la Suisse dans le chaos.

Des policiers se tiennent près d’une barrière bloquant une route, tandis que le côté d’un véhicule blanc avec un drapeau suisse et un soleil souriant, le logo de l'UDC, est visible au premier plan.
Image : keystone/Martial Trezzini

Dès que la population suisse aura atteint 9,5 millions de personnes, soit une croissance d’à peine 4 %, l’initiative du chaos imposera la résiliation des accords bilatéraux. Cela devrait être le cas dans quelques années seulement. À partir de ce moment, l’initiative obligera le Conseil fédéral et le Parlement à restreindre le regroupement familial pour les citoyen-nes de l’UE.

Concrètement, cela signifie que l’aide-soignante allemande qui travaille dans une maison de retraite en Suisse ne pourra plus faire venir sa petite fille ici. Cela constituerait une violation flagrante de l’accord sur la libre circulation des personnes et entraînerait la résiliation de tous les accords bilatéraux en raison de la clause dite «guillotine». Nos relations avec l’Europe seraient détruites. Dans un monde où Trump sème le chaos et la haine, ceci est particulièrement dangereux. La Suisse a besoin de relations stables avec ses voisins.

L’UDC a caché les dispositions radicales sur le regroupement familial, qui conduisent directement à la résiliation des accords bilatéraux, dans les dispositions transitoires de l’initiative. On ne peut en tirer qu’une seule conclusion : le parti tente de dissimuler son plan véritable pour qu’il ne fasse pas trop de bruit durant la campagne de votation.

Dumping salarial et chaos dans la santé

Une telle rupture avec l’Europe aurait des conséquences massives pour le pouvoir d’achat de la population, car des milliers d’emplois seront détruits. L’industrie d’exportation souffrirait énormément d’un oui à l’initiative : en perdant l’accès à leur marché le plus important, de nombreuses entreprises ne pourront pas survivre. En même temps, sans les accords bilatéraux, nous n’aurons plus de protection salariale. Il y aura du dumping salarial, les salaires baisseront et donc, les retraites également.

Les conséquences seraient particulièrement dramatiques pour le système de santé. Aujourd’hui déjà, il manque environ 15000 soignant-es en Suisse. D’ici 2030, ce manque devrait atteindre environ 30000 personnes. Sans personnel qualifié étranger, notre système de santé s’effondrera. Les hôpitaux régionaux devront fermer, les personnes âgées dans les maisons de retraite et les centres de soins ne pourront plus être correctement prises en charge. Là où l’activité pourra être maintenue, la pression et la charge de travail du personnel augmenteront considérablement.

Citoyen-nes de seconde zone

Outre les problèmes liés au marché du travail, l’initiative aurait également pour conséquence de reléguer au rang de citoyen-nes de seconde zone les ressortissant-es de l’Union européenne qui vivent déjà en Suisse. On oublie que ce sont les migrant-es et les Suisse-sses qui ont construit ensemble notre pays et ont œuvré, ensemble, à notre prospérité. Plus de 1,5 million de citoyen-nes de l’UE vivent et travaillent aujourd’hui ici. Ce n’est qu’ensemble que nous pouvons faire fonctionner notre pays, que ce soit dans les hôpitaux, les écoles, le bâtiment ou les restaurants.

L’initiative crée une grande insécurité pour les personnes qui n’ont pas de passeport suisse, qu’il s’agisse d’infirmières allemandes, de pédiatres italiennes ou de restaurateurs portugais. Elles devraient s’attendre à tout moment à la fin de la libre circulation des personnes, à l’introduction de contingents ou à l’expulsion de leurs conjoint-es et de leurs enfants.

Les demandeur-es d’asile en boucs émissaires

Enfin, un autre effet inhumain du texte de l’UDC serait la suppression du droit d’asile. Bien que les réfugié-es ne représentent que 2,5 % de la population totale, l’UDC en fait les boucs émissaires de la croissance démographique. Avec cette initiative, elle veut dénoncer la Convention de Genève relative au statut des réfugiés, la Convention européenne des droits de l’homme et la Convention relative aux droits de l’enfant.

L’initiative plonge ainsi le domaine de l’asile dans le chaos et viole les droits humains les plus fondamentaux des personnes vulnérables. Elle prive les réfugié-es de guerre, en particulier les femmes et les enfants, de leur dernier espoir de pouvoir un jour vivre en sécurité, en famille.


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