
La campagne référendaire autour de l’initiative de l’UDC mobilise des sommes d’argent sans précédent depuis la publication des finances des campagnes de votation. Les partisan-es du « non » déclarent près de neuf millions de francs. Cette somme est financée par tous les partis à l’exception de l’UDC, ainsi que par diverses associations, telles qu’Economiesuisse ou l’Union suisse des arts et métiers.
En face, les initiant-es disposent de près de sept millions de francs. L’UDC Suisse y contribue à hauteur de 2,7 millions de francs, sa section jeunesse de 51 000 francs et la section zurichoise du parti de 750 000 francs. Le reste — environ 3,5 millions — est pris en charge par des milliardaires et des patrons d’entreprises qui sont membres de l’UDC. Ces hommes ne pourraient que profiter d’une adoption de l’initiative.
Des héritiers et fondations au service de l’exploitation
L’un des principaux donateurs est Philipp Gaydoul. Alors qu’il n’avait que 26 ans, son grand-père lui a offert la présidence de la société holding familiale. D’un seul coup, Philipp Gaydoul, est ainsi devenu le patron de Denner, Franz Carl Weber et Waro.
Aujourd’hui, le Zurichois est propriétaire de plusieurs biens immobiliers dans les plus grandes villes suisses. Il est également actionnaire de la Banque Helvétique, fondée par le conseiller national UDC Thomas Matter. Les deux contribuent chacun à hauteur à la campagne en faveur de l’initiative.
Le grand patron de l’UDC, Christoph Blocher, y injecte également 100 000 francs. La Fondation pour la politique bourgeoise, dirigée par des représentant-es de l’UDC et le patron de Swiss Life, Rolf Dörig, soutient la campagne à hauteur de plus d’un million.
Enfin, la société Emil Frey AG investit 100 000 francs. Le président du conseil d’administration est, évidemment, également héritier : l’ancien conseiller national UDC Walter Frey a reçu l’entreprise d’importation automobile de son père, Emil Frey.
Une campagne menée d’en haut
Pour les chefs d’entreprise multimillionnaires et les présidents de conseil d’administration issus de familles riches, la résiliation des accords bilatéraux n’est qu’un avantage. Car la suppression des accords, le but de l’initiative de l’UDC, permet une meilleure exploitation des travailleuses et travailleurs.
Si les citoyen-nes de l’UE travaillant en Suisse ne pouvaient plus obtenir de permis de séjour de longue durée, ils deviendraient une main-d’œuvre de seconde zone. En cas de « oui » à l’initiative de l’UDC, ils auraient moins de droits face à leurs patrons.
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De plus, la suppression des mesures d’accompagnement affaiblirait considérablement la protection des salaires et les contrôles réguliers du marché du travail. La pression sur les salarié-es s’accentuerait également, car le nombre de personnes actives en Suisse diminuerait. Ceux qui sont encore en activité devraient ainsi cotiser davantage à l’AVS et prendre leur retraite plus tard : comme le Blick vient de le révéler, l’UDC est prête à relever l’âge de la retraite.
Cela montre clairement que l’initiative de l’UDC est une initiative des plus riches, présentée à tort aux travailleuses et travailleurs comme un projet politique en leur faveur. Or, c’est tout le contraire. Il n’est donc pas surprenant que les forces progressistes puissent compter sur des milliers de petits donateur-trices qui soutiennent une Suisse ouverte et solidaire — et souhaitent ainsi protéger leur salaire, leur retraite et leurs voisin-es.
eje