Accueil International Trump et les droits de douane : la Suisse est dorénavant désavantagée

Trump et les droits de douane : la Suisse est dorénavant désavantagée

La Cour suprême des États-Unis a déclaré illégaux les droits de douane imposés par Trump. Depuis, beaucoup de choses restent floues, mais une tendance se dessine : les pays qui ont fait d’importantes concessions aux États-Unis sont les grands perdants.

Deux hommes, Guy Parmelin et Donald Trump, en costume-cravate se serrent la main devant plusieurs drapeaux (États-Unis et Suisse). L’un porte un costume bleu foncé et une cravate rouge unie, l’autre un costume sombre et une cravate rouge à petits motifs. À l’arrière-plan, deux fauteuils blancs et une petite table basse ornée d’un bouquet et de verres.
Image : keystone pool/Laurent Gillieron

Donald Trump vient de subir la plus grande défaite de son deuxième mandat en tant que président américain : la Cour suprême a déclaré ses droits de douane punitifs illégaux. Dans la pure tradition néofasciste, le président s’en est pris aux juges lors d’une conférence de presse et a annoncé, par dépit, un nouveau droit de douane mondial de 10 %, puis de 15 % peu après. Celui-ci a toutefois été ramené à 10 %.

Depuis, de nombreuses incertitudes font l’objet de discussions : les entreprises concernées peuvent-elles exiger des remboursements ? Comment le Conseil fédéral compte-t-il désormais procéder ?

Droits de douane : Les menaces font effet

Il est certain que les pays qui ont négocié un accord concret avec Trump le regrettent peut-être aujourd’hui. Il s’agit notamment du Japon, de l’Indonésie, de la Corée du Sud et de l’Inde. Ils ont fait d’importantes concessions aux États-Unis en échange d’une baisse des droits de douane. Celles-ci vont des promesses d’investissement à l’accès aux terres rares, en passant par la reprise des sanctions.

Cette obéissance anticipée à l’égard du gouvernement Trump se retourne désormais contre eux. Steven Okun, conseiller en géopolitique, explique au New York Times que les pays qui ont négocié un tarif douanier supérieur à 15 % sont désavantagés. D’autres gouvernements qui n’ont fait aucune concession sont désormais soumis au même tarif douanier sans avoir renoncé à leur souveraineté.

Les négociations douanières entre les États-Unis et la Suisse et les concessions qui y sont liées ont également fait parler d’elles il y a quelques mois : poulets chlorés, Cybertrucks d’Elon Musk, armes américaines ne sont que quelques exemples. Le Conseil fédéral n’a encore rien signé, mais Donald Trump peut se féliciter : les menaces fonctionnent.

Le gouvernement suisse devrait donc avoir du mal à renégocier. Le président des États-Unis n’a qu’à trouver un autre moyen de faire pression sur la Suisse. Et il obtiendra ce qu’il veut.

Les patrons flatteurs soudainement silencieux

Au total, le gouvernement devrait rembourser l’équivalent de 175 milliards de francs suisses après la décision de la Cour de justice. Plusieurs entreprises ont désormais poursuivi le gouvernement américain en justice pour les droits de douane punitifs, comme le fabricant suisse de skis Stöckli. D’autres entreprises ont également porté plainte ou annoncé leur intention de demander un remboursement. Il est frappant de constater que les entreprises du « Team Switzerland » — Rolex, Richemont, Mercuria, le groupe MKS-Pamp et le Partners Group — restent désormais prudentes.

Les patrons qui ont flatté Donald Trump dans le Bureau ovale avec des cadeaux de luxe et sans mandat politique afin de faire baisser les droits de douane restent silencieux jusqu’à présent. Faire soudainement volte-face maintenant pourrait bien irriter Trump. Eux aussi auraient préféré ne rien promettre : ils se retrouvent désormais sans remboursement, mais doivent payer les mêmes droits de douane que les autres entreprises exportatrices.

eje


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