Initiative pour un fonds climat : investir dans une Suisse sûre et agréable à vivre

En 2023, la population a voté pour la neutralité climatique d’ici 2050. Grâce à l’initiative pour un fonds climat, qui sera soumise au vote le 8 mars, cet objectif peut être atteint. L’initiative permet de réaliser les investissements nécessaires dans les énergies renouvelables, la rénovation des bâtiments et la mobilité moderne.

Image : keystone/Gian Ehrenzeller

En tant que pays alpin, la Suisse est particulièrement touchée par le réchauffement climatique. Les glaciers continuent de fondre, les vagues de chaleur sont devenues la norme, suivies de fortes pluies et de tempêtes qui causent des ravages jusque dans les vallées les plus reculées.

Afin que la Suisse puisse apporter sa contribution nécessaire à la protection du climat, le PS et les Vert-e-s ont lancé l’initiative pour un fonds climat en collaboration avec une large alliance. Cette initiative vise à garantir des fonds pour les investissements dans les énergies renouvelables, la rénovation des bâtiments et la mobilité respectueuse du climat. Elle sera soumise au vote le 8 mars. Voici trois raisons de voter oui.

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La Suisse est particulièrement touchée par le réchauffement climatique

Une chose est déjà claire : la Suisse a manqué l’objectif de 1,5 degré. Depuis les années 1960, chaque décennie est plus chaude que la précédente. Actuellement, la température en Suisse est déjà supérieure de 2,5 degrés par rapport à la moyenne préindustrielle. Le réchauffement en Suisse est donc aujourd’hui plus de deux fois plus important que la moyenne mondiale.

À cela s’ajoute le fait que les dommages causés par le réchauffement climatique sont particulièrement dévastateurs en Suisse : la fonte du pergélisol rend les montagnes plus instables. Les glissements de terrain se multiplient, les fortes pluies provoquent des coulées de boue et des laves torrentielles. Les ruisseaux débordent et emportent tout sur leur passage.

Les effets de la crise climatique sont non seulement perceptibles, mais aussi coûteux. Le réchauffement climatique cause déjà près d’un milliard de francs de dommages par an. D’ici 2060, ces coûts pourraient atteindre jusqu’à dix milliards de francs par an.

Ce que demande l’initiative pour un fonds climat

L’initiative pour un fonds climat demande que la Confédération investisse chaque année 0,5 à 1 % du produit intérieur brut dans des infrastructures sûres et bonnes pour le climat. Les 4 à 8 milliards investis chaque année doivent permettre de mettre en œuvre des mesures ciblées :

  1. Le développement des énergies renouvelables, telles que l’énergie solaire, hydraulique et éolienne doit permettre de développer et de garantir l’autosuffisance énergétique.
  2. La promotion de la rénovation des bâtiments doit permettre de remplacer les chauffages au mazout, nuisibles au climat, par des pompes à chaleur. En outre, les investissements doivent réduire la dépendance vis-à-vis du gaz et du pétrole étrangers.
  3. L’industrie doit être soutenue dans sa transition vers des procédés de production plus respectueux de l’environnement.
  4. Toutes ces mesures doivent être mises en œuvre par les spécialistes nécessaires. Afin de disposer d’un personnel suffisamment compétent, des places de formation doivent être créées grâce aux moyens du fonds climat.

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Recul massif sous l’impulsion du conseiller fédéral UDC Albert Rösti

En 2023, le peuple suisse a approuvé la loi sur le climat et l’innovation. L’objectif climatique de l’Accord de Paris, à savoir la neutralité carbone d’ici 2050, est ainsi inscrit dans la loi. Malgré cette décision historique, le ministre de l’environnement Albert Rösti fixe des priorités qui vont dans le sens contraire : sous le slogan « ouverture technologique », il souhaite maintenir les énergies fossiles et, malgré la décision démocratique, annuler la sortie du nucléaire et poursuivre l’extension des autoroutes.

« Classement de la Suisse dans le classement climatique international, 2015–2026 »• Type : diagramme à barres verticales. • Axe horizontal : années de 2015 à 2026. • Axe vertical : rang (1er étant le meilleur classement). • Barres bleues foncées de 2015 à 2022, bleues claires de 2023 à 2026. • Valeurs par année : – 2015 : 11 – 2016 : 14 – 2017 : 14 – 2018 : 12 – 2019 : 9 – 2020 : 16 – 2021 : 14 – 2022 : 15 – 2023 : 22 – 2024 : 21 – 2025 : 33 – 2026 : 26 • Annotation pointant l’année 2023 : « Entrée en fonction d’Albert Rösti ». • Tendance : après un meilleur rang en 2019 (9e), la position se dégrade régulièrement pour culminer à la 33e place en 2025, puis remonte légèrement en 2026.
Graphique : direct

Le Parlement, dominé par la droite conservatrice, suit également la ligne du conseiller fédéral UDC Rösti. La majorité UDC-PLR a ainsi décidé de suspendre le financement des trains de nuit et des bus électriques, et les mesures de protection du climat occupent au mieux une place secondaire dans le programme d’austérité de la ministre des finances Karin Keller-Sutter. En conséquence, ces dernières années, la Suisse a dégringolé dans le classement international sur le climat, se classant à la 33e place en 2025.

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Ne pas dépendre d’États autoritaires

Actuellement, la Suisse importe chaque année pour 8 milliards de francs de gaz et de pétrole. Dans un contexte mondial aujourd’hui particulièrement incertain, il est problématique que la Suisse dépende autant de pays comme la Russie ou le Kazakhstan pour son approvisionnement énergétique.

Le développement des énergies renouvelables sur le territoire national permettrait de réduire cette dépendance. Les chiffres des dernières décennies montrent qu’il existe une marge de progression importante dans ce domaine. Depuis les années 1950, les investissements dans le secteur électrique national sont en baisse.


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