Le président américain Trump enfreint le droit international et, après son intervention au Venezuela, se prépare déjà à une nouvelle action : il souhaite acquérir le Groenland. Sans se soucier des conséquences, il s’aliène ainsi ses anciens alliés en Europe. Au Groenland également, la population ne semble pas disposée à devenir le jouet du président américain néofasciste et autoritaire. En effet, l’histoire du nom de l’île arctique renvoie à un passé marqué par l’influence de diverses puissances.
Le nom « Groenland » vient de la désignation donnée à ce pays par les Vikings et signifie « terre verte », tandis que la population locale appelle son pays « Kalaallit Nunaat » (terre des Kalaallit).
Des stérilisations forcées à l’autonomie
Depuis 1721, le Groenland était une colonie danoise (majoritairement) ignorée. Même après sa transformation en province danoise en 1953, les discriminations de toutes sortes ont continué. Dans les années 1960, les travailleur-euses groenlandais-es étaient moins bien payés que leurs concitoyen-nes danois-es. Les femmes groenlandaises ont été en outre victimes de stérilisations de force dans les années 1960 et 1970. Ce n’est que grâce à la résistance politique croissante du Groenland que la situation de la population s’est progressivement améliorée, aboutissant à l’autonomie administrative en 1979.
Les Groenlandais-es ont continué à développer cette autonomie en 2009 et n’ont cessé depuis lors de s’émanciper de l’ancienne puissance coloniale. À ce jour, le Danemark conserve toutefois des compétences et des droits considérables en matière de politique étrangère et de sécurité.
Les relations entre le Danemark et la population indigène de l’île arctique sont encore aujourd’hui marquées par des tensions. Au début de l’année dernière, le gouvernement groenlandais a évoqué une relation « au point mort absolu » après avoir appris que les familles groenlandaises avaient sept fois plus de risques de perdre la garde de leurs enfants que les familles danoises en raison de discriminations linguistiques.
Les ambitions impérialistes des grandes puissances
À ces relations déjà difficiles avec le Danemark s’ajoutent depuis le deuxième mandat de Trump, les ambitions impérialistes d’annexion. Dès 1946, les États-Unis souhaitaient racheter le Groenland au Danemark pour des « raisons de sécurité » — le Danemark a refusé, mais a conclu peu après un accord militaire avec les États-Unis.
Ce n’est que depuis l’arrivée de Trump à la présidence des États-Unis que le Groenland est à nouveau officiellement à l’ordre du jour, et la situation s’est progressivement aggravée, au plus tard depuis l’enlèvement du président vénézuélien. Trump ne se soucie ni de la volonté de la population groenlandaise, qui rejette à une écrasante majorité l’adhésion aux États-Unis, ni du droit international, qui reconnaît le Groenland comme faisant partie du royaume danois.
La Suisse doit se rallier au droit international
Afin de mettre un frein aux agissements de Trump, plusieurs pays ont envoyé des soldat-es au Groenland, ce à quoi Trump a immédiatement réagi en menaçant d’imposer des droits de douane punitifs, qu’il a toutefois retirés pour l’instant lors du WEF à Davos.
Afin de mettre un terme à cette politique du plus fort, la Suisse doit également se rallier sans réserve au droit international. Cependant, comme le Conseil fédéral est resté longtemps silencieux, des parlementaires de différents partis ont fondé un groupe d’amitié Groenland. La Commission de politique extérieure du Conseil national demande en outre une déclaration du Conseil national sur le Groenland.
Entre-temps, le Conseil fédéral est également sorti de sa réserve et s’est exprimé : le Groenland appartient au Danemark.
