Venezuela : Trump mise illégalement sur « le droit du plus fort »

Lors d’une attaque contraire au droit international des États-Unis contre la capitale vénézuélienne Caracas, les forces américaines ont enlevé le dirigeant Nicolás Maduro et son épouse Cilia Flores. Cette mise en œuvre du « droit du plus fort » affaiblit le droit international et compromet la stabilité mondiale.

« Sur un quai en bord d’eau, quatre agents en tenue tactique — dont certains portent des blousons marqués “DEA” — escortent Nicolàs Maduro et Cilia Flores menottées vêtues de blousons et pantalons beiges. Le soleil couchant teinte le ciel d’orangé, et des blocs de béton peints en rouge et blanc délimitent le quai devant une surface d’eau calme. »
Image : keystone/EPA/Stringer

Le 3 janvier 2026, des soldats américains ont pris d’assaut Caracas et kidnappé le président vénézuélien Nicolás Maduro ainsi que son épouse Cilia Flores. L’accusation portée par les États-Unis : Maduro inonderait délibérément les États-Unis de drogues. Donald Trump évoque le fentanyl, mais aussi la cocaïne — il n’a présenté à ce jour aucune preuve. Cela ne l’a pourtant pas empêché ces derniers mois de bombarder délibérément de petites embarcations vénézuéliennes et leurs équipages, ou de saisir des pétroliers.

Il est clair que cette invasion et cet enlèvement constituent une violation flagrante du droit international. Donald Trump et son administration ont gravement ignoré le principe du respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de la République bolivarienne du Venezuela.

La souveraineté des États est une condition essentielle à la stabilité internationale. Tout manquement au droit international crée des précédents dangereux, alimente les tensions et peut déboucher sur des conflits armés. En agissant ainsi, Trump montre une fois de plus que, pour lui, seul compte le « droit du plus fort » ; le cœur même du droit international, à savoir l’interdiction du recours à la force, en sort profondément affaibli.

Souvenirs de la guerre en Irak

Trump n’est pas le premier président américain à piétiner le droit international sous de faux prétextes : en 2003, sous George W. Bush, les États-Unis envahirent l’Irak et, dans les années qui suivirent, des centaines de milliers de civils périrent. Le prétexte officiel : Saddam Hussein possédait des armes de destruction massive. Aucune preuve n’a jamais été produite ; la thèse s’est avérée fausse.

Sans fournir la moindre preuve, Donald Trump accuse aujourd’hui Maduro de terrorisme lié à la drogue, mais il ne cache plus la véritable raison de son agression contre le Venezuela : l’accès aux vastes réserves pétrolières du pays. Quelques jours à peine après l’assaut, il s’est emparé du pétrole. Contrairement à Bush, qui dissimulait l’impérialisme américain derrière des justifications « juridiques », Trump revendique ouvertement son objectif : contrôler le pétrole et étendre la sphère d’influence des États-Unis.

Des observateur-trices estiment toutefois qu’il ne s’agit pas seulement du pétrole, mais aussi des terres rares, de la production de drones et de réduire l’influence russe au Venezuela. Parallèlement, le président américain et certains de ses ministres évoquent d’autres convoitises impérialistes : Cuba, Panama, la Colombie et même le Groenland sont régulièrement cités.

La Suisse doit défendre l’État de droit

Toutes les forces démocratiques doivent condamner avec la plus grande fermeté cette agression illégale des États-Unis au Venezuela et la mise en pratique du « droit du plus fort ». L’accès aux ressources et la souveraineté des nations doivent se régler uniquement par la diplomatie et dans le respect de l’État de droit. Le recours à la violence pour imposer ses intérêts est inacceptable.

Sur la plateforme X, le Département fédéral des affaires étrangères a déclaré : « La Suisse appelle à la désescalade, à la retenue et au respect du droit international, y compris l’interdiction du recours à la force et le principe du respect de l’intégrité territoriale. » On ignore cependant pourquoi l’attaque américaine n’a pas été directement condamnée.

Dans le cadre de sa présidence de l’OSCE, le Conseil fédéral devrait plaider pour une désescalade immédiate et un retour à la diplomatie, tout en réaffirmant la volonté de la Suisse de jouer un rôle de médiateur.


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