Le Parlement a décidé d’assouplir considérablement la loi sur le matériel de guerre, conformément aux souhaits de l’industrie de l’armement. Désormais, les exportations d’armes vers 25 pays, dont la Hongrie et les États-Unis, seront en principe autorisées. De plus, la « déclaration de non-réexportation » sera supprimée pour tous les pays.
Une large alliance a lancé un référendum contre cette décision désastreuse. Si celui-ci échoue, des armes suisses pourraient bientôt être utilisées contre la population civile dans les quatre pays suivants, particulièrement problématiques :
Israël
Malgré le génocide à Gaza et les violations massives des droits humains dans les territoires palestiniens occupés, la Suisse exporte déjà vers Israël des biens à double usage (biens à usage militaire et civil) et des biens militaires spécifiques. Il s’agit notamment de plaques de blindage, de boucliers balistiques ou de technologie laser. Avec l’assouplissement de la loi sur le matériel de guerre, des armes suisses pourraient également être exportées vers Israël et utilisées par l’armée israélienne contre la population palestinienne.
Émirats arabes unis (EAU)
À l’avenir, des armes suisses pourraient également être exportées vers les Émirats arabes unis (EAU). Et ce, malgré des indications claires selon lesquelles les EAU fournissent du matériel de guerre aux Forces de soutien rapide (RSF) au Soudan. En novembre dernier, ces dernières ont commis un massacre contre la population civile dans la ville d’El Fasher, à l’ouest du Soudan. Les traces de sang suite à ce masscre étaient visibles même sur les images satellites.
La Chine
Le régime chinois recourt régulièrement à la force armée pour réprimer la population ouïghoure du Xinjiang. L’ONU qualifie les actes commis par la Chine à l’encontre de la minorité musulmane de « crimes contre l’humanité ». L’État chinois écrase également le mouvement pro-démocratie des étudiant-es à Hongkong. Pour ce faire, il utilise entre autres le « 4-shoot-Varioloader », un pistolet à poivre d’une précision extrême, produit par une entreprise suisse.
Le Myanmar
Au Myanmar, les droits humains sont régulièrement violés de manière massive. L’armée opprime les minorités ethniques, en particulier les Rohingyas. Amnesty International et Human Rights Watch qualifient les attaques de l’armée contre la population civile de crimes de guerre. Le régime autoritaire tue aussi bien des enfants que des journalistes critiques. De plus, les militaires recourent régulièrement à la violence sexuelle contre les femmes et les prisonniers comme arme de guerre.
Les partis bourgeois ont déclaré à plusieurs reprises que ce projet permettrait d’aider l’Ukraine. Cette information est fausse : à l’avenir, les armes pourront être exportées à des pays comme l’Arabie saoudite ou Israël, mais expressément pas à l’Ukraine. Afin que l’UDC approuve également le projet, les partis de droite ont délibérément complété cette disposition par une clause empêchant l’Ukraine d’en bénéficier. Comme cela, le parti pro-Poutine peut aider l’industrie de l’armement sans devoir aider l’Ukraine.
