Réduire les coûts de la santé ? C’est possible

Les coûts de la santé en Suisse ne cessent d’augmenter, ce qui a pour conséquence d’élever à leur tour les primes d’assurance-maladie. Dans ce contexte, des voix des partis bourgeois s’élèvent pour réclamer une médecine à deux vitesses. Une telle solution revient cependant à ignorer qu’il existe un grand potentiel d’économies dans le système de santé sans que la qualité des prestations ne diminue, mais aussi que la suppression de l’assurance-maladie obligatoire ne fait que reporter les coûts sur les personnes.

Ein Doppelzimmer, im neuen Anna-Seiler-Haus, dem neuen Hauptgebaeude des Inselspitals Bern, waehrend der offiziellen Eroeffnungsfeier, am Donnerstag, 17. August 2023 in Bern. Das neue Hauptgebaeude des Inselspitals Bern hat 670 Millionen Franken gekostet und bietet 3250 modernste Zimmer. (KEYSTONE/Marcel Bieri).

L’année prochaine, les primes d’assurance-maladie devraient augmenter de 6 % en moyenne. La situation devient de plus en plus difficile, en particulier pour les familles et les personnes ayant un bas salaire. Pourtant, cela ne devrait pas être le cas : dans le domaine de la santé, des économies pourraient être réalisées dans différents secteurs. Exemples.

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Améliorer le flux d’informations

Toutes les informations ne passent pas du médecin de famille au spécialiste. Les thérapeutes n’ont souvent pas non plus accès aux données de santé des médecins. Il en résulte que de nombreux examens sont effectués plusieurs fois. Un dossier électronique du patient (DEP) pourrait y remédier. Il est possible d’en ouvrir un depuis l’année dernière, mais seules 19’500 personnes l’ont fait jusqu’à présent.

Pour que le plus grand nombre possible de personnes ouvrent un DEP, il faut que la charge de travail soit réduite. Or, dans la plupart des cantons, le DEP doit être ouvert sur place auprès d’un service compétent, ce qui, selon le lieu de résidence, implique un long déplacement.

Or, depuis le 21 août, il est désormais possible de demander le dossier en ligne dans les cantons de Bâle-Ville, Berne, Schaffhouse, Soleure, Zoug et Zurich. Une révision complète de la loi correspondante (EPDG) est actuellement en consultation. L’ouverture d’un DEP devrait ainsi être considérablement facilitée dans toute la Suisse.

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Réduire l’écart salarial

Près de 70 % des coûts des caisses d’assurance-maladie sont imputables aux frais de personnel. Bien entendu, tou-tes les employé-es du secteur de la santé doivent recevoir un salaire décent. Mais l’écart salarial dans le secteur de la santé reste particulièrement énorme : alors que le personnel soignant gagne environ 80’000 francs par an, le salaire médian des neurochirurgiens s’élève à près de 700’000 francs. A cela s’ajoutent des systèmes d’incitation pour les médecins à pratiquer un certain nombre d’interventions lucratives. Ainsi, des opérations sont effectuées sans qu’elles soient nécessaires, en particulier pour les patient-es disposant d’une assurance complémentaire.

Une structure salariale équitable au sein des institutions de santé pourrait y remédier. En outre, les systèmes d’incitation mentionnés doivent être supprimés. En effet, les interventions inutiles et coûteuses renchérissent le système de santé.

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Promouvoir la prévention

Des études le montrent : chaque franc investi dans des mesures préventives est souvent récupéré. Prenons l’exemple de la prévention du tabagisme : chaque franc dépensé permet d’économiser 41 francs de frais consécutifs à la consommation de tabac. Une prévention ciblée permet d’éviter qu’une maladie ne se déclare ou qu’elle ne progresse sans que l’on s’en rende compte. Parmi les mesures préventives, on trouve les examens de dépistage, l’interdiction de la publicité pour certaines substances ou les campagnes d’information.

Un exemple actuel à ce sujet : la mise en œuvre de l’initiative populaire « Oui à la protection des enfants et des jeunes contre la publicité pour le tabac » qui a été acceptée. Celle-ci devrait susciter des discussions, car la commission de la sécurité sociale et de la santé publique du Conseil des États, compétente en la matière, veut affaiblir l’interdiction de la publicité pour le tabac. La majorité bourgeoise joue ainsi le jeu du lobby du tabac et ignore les effets positifs de la prévention sur la santé et donc aussi sur l’évolution des coûts.

Le fait est que le développement de mesures préventives permettrait non seulement d’éviter des souffrances inutiles, mais aussi de réduire considérablement les coûts de la santé à long terme.

Le potentiel d’économies dans le domaine de la santé est important, sans compter les revendications mal conçues de la droite pour une médecine à deux vitesses. Il est tout aussi important dans le domaine des médicaments. Nous nous pencherons sur ce sujet dans la troisième partie de la série « direct » consacrée aux coûts de la santé. Ne la manquez pas et abonnez-vous dès maintenant à la newsletter.

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