Elisabeth Baume-Schneider : « La lutte contre la pauvreté est prioritaire »

En Suisse, une personne sur onze est touchée par la pauvreté. La ministre de la Justice Elisabeth Baume-Schneider montre que le problème est pris au sérieux par le Conseil fédéral. Lors de la Journée d'action contre la pauvreté et la précarité à Bienne, elle a choisi des mots forts.

(KEYSTONE/Alessandro della Valle)

Les chiffres sont en hausse : en Suisse, environ 745 000 personnes, soit près d’une personne sur onze, sont touchées par la pauvreté – dont 134 000 enfants. Les personnes touchées par la pauvreté doivent compter chaque franc et peuvent difficilement participer à la vie sociale, parce que l’entrée à la piscine est trop chère et que les sorties scolaires ou les séances de cinéma creusent un grand trou dans le budget du ménage.

L’aide sociale ne suffit souvent pas

Les personnes touchées par la pauvreté ont la vie dure. En effet, en Suisse, l’aide sociale ne suffit souvent pas pour vivre. Les besoins de base sont fixés à un niveau bas. De plus, de nombreuses personnes doivent renoncer complètement à l’aide de l’État. Souvent par peur d’accumuler une montagne de dettes, car dans certains cantons, l’aide sociale doit être remboursée. Pour les personnes qui n’ont pas de passeport suisse, s’ajoute la crainte de perdre leur statut de séjour et d’être expulsées. Cette situation devrait toutefois changer. En effet, le Conseil des États ainsi que le Conseil national ont approuvé l’initiative parlementaire «La pauvreté n’est pas un crime » du Parti socialiste.

Journée d’action contre la pauvreté avec la conseillère fédérale Elisabeth Baume-Schneider

En participant à la Journée d’action contre la pauvreté et la précarité à Bienne, la conseillère fédérale socialiste Elisabeth Baume-Schneider a montré que la lutte contre la pauvreté est une priorité pour elle. Plus de 30 organisations ont présenté des solutions pour lutter contre la pauvreté. Et le Groupe socialiste aux Chambres fédérales a également mis le sujet sur le tapis au Conseil national. Le parti demande une réduction de moitié de la pauvreté d’ici 2030 et une stratégie nationale globale de lutte contre la pauvreté. Cet objectif doit être ancré dans une loi fédérale. Des actions sont urgentes, car les loyers qui sont augmentés, la charge des primes d’assurance-maladie, les coûts de l’énergie mais aussi les produits alimentaires et d’hygiène plus chers deviennent un problème de plus en plus important pour les personnes à bas revenus.

Des solutions sont sur la table

Le Parlement et la population pourront bientôt se pencher sur toute une série de propositions visant à réduire la pauvreté. Il s’agit notamment de la demande de crèches abordables, de l’initiative d’allègement des primes et des salaires minimums obligatoires. Concernant ces derniers, le PS et les syndicats ont remporté un grand succès lors des dernières votations : les villes de Zurich et Winterthur ont décidé à une large majorité d’introduire un salaire minimum communal. Des initiatives en ce sens ont été lancées dans les cantons de Vaud et du Valais.

Série d’été « La pauvreté en Suisse »

La Suisse est l’un des pays les plus riches du monde. Pourtant, une part considérable de la population est touchée par la pauvreté ou menacée de l’être. Et le taux de pauvreté augmente depuis 2014. Quelles sont les mesures politiques nécessaires pour faire reculer la pauvreté ? Nous nous penchons sur ces questions dans notre série d’été. La prochaine partie sera consacrée à l’effet positif des salaires minimaux contre la pauvreté. Abonnez-vous dès maintenant à notre newsletter pour ne pas la manquer.

 

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