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« Poser de la clim ou planter des arbres ? Tel ne devrait pas être le débat »

Ces dernières canicules ont donné lieu à un débat animé sur la climatisation dans les médias francophones. Il s’agit là d’un débat orienté sur le court terme, qui pourrait exacerber les inégalités de classe pendant les périodes chaudes. Oriane Sarrasin présente des solutions efficaces pour mitiger les effets des canicules.

Femme aux cheveux noirs mi-longs, souriant à la caméra avec des lunettes de vue, vêtue d'un blazer noir professionnel sur un haut turquoise, composée sur une image de fond montrant une unité de climatisation Samsung blanche et noire fixée à un mur.
Images : mise à disposition/Unsplash

Tandis que l’on enchaîne canicule sur canicule, le débat fait rage : faut-il assouplir les réglementations concernant la climatisation ? La vitesse du réchauffement ayant quasiment doublé ces dix dernières années, la question peut donc en effet sembler brûlante (jeu de mot assumé…). La droite – et en particulier le PLR – mobilise cet argument pour attaquer les écologistes, qui, selon eux, estimeraient que « la population doit pouvoir ‹ ressentir › le réchauffement climatique ». Pour décrédibiliser ses adversaires politiques, le PLR emprunte même un vocabulaire religieux, avec des termes comme « expiation » ou « rédemption ». Une technique utilisée par d’autres partis de droite, comme l’Alternative für Deutschland, qui parle elle de « sacrifice sur l’autel »…

« J’entends une cliente expliquer qu’elle tolère relativement bien la vague de chaleur car elle a une piscine chez elle. Cet exemple illustre parfaitement les inégalités face au changement climatique »

Ceci n’est que le bis repetita, quasi mot pour mot, de discussions de l’année dernière, où les Vert-es se défendaient de prôner une interdiction totale de la climatisation. Si l’on a vraiment le bien-être de la population en tête, il faut impérativement dépasser ce type de débat stérile et contre-productif.

Face au changement climatique, des inégalités crasses

J’écris ces lignes dans un café, où j’entends une cliente expliquer qu’elle tolère relativement bien la vague de chaleur car elle a une piscine chez elle. Cet exemple illustre parfaitement les inégalités face au changement climatique. Si l’on vit dans un appartement sous les toits d’un vieil immeuble, dans un quartier bétonnisé, on ne vit pas une canicule de la même façon qu’à l’ombre sous sa pergola. Cela est d’ailleurs complètement ironique si l’on pense que plus le statut socio-économique est élevé, plus l’empreinte carbone l’est en moyenne. Du fait de ces inégalités, une distinction doit être faite entre les réflexions touchant les lieux collectifs et celles touchant les habitations privées. Mélanger allégrement les deux démontre une absence totale de considération pour la dimension sociale du changement climatique.

« Les ménages les plus aisés pourraient se procurer des systèmes de refroidissement moins problématiques […] alors que des quartiers populaires se retrouveraient criblés de systèmes qui réchauffent l’air à l’extérieur »

Pendant les canicules, la population se rue vers des systèmes peu efficaces (car rejetant de l’air chaud à l’extérieur) et polluants, même si fournis par de l’électricité de sources renouvelables. Est-ce qu’assouplir les réglementations règlerait ces problèmes ? Certainement pas. Au contraire, les ménages les plus aisés pourraient se procurer des systèmes de refroidissement moins problématiques, comme des pompes à chaleur inversées, alors que des quartiers populaires se retrouveraient criblés de systèmes qui réchauffent l’air à l’extérieur (principalement durant la nuit). Même au sein des lieux de vie collectifs, les inégalités climatiques s’observent : dans une séquence filmée dans un EMS vaudois début juillet, on apprenait que les résident-es dont la famille peut se payer une climatisation sont plus au frais que les autres. Quelles solutions alors ? Repenser les usages collectifs, pour le court et le moyen terme.

Des solutions collectives pour le court et le moyen terme

L’humanité est en train de foncer dans le mur, et il faut absolument diminuer drastiquement les émissions pour laisser une Terre vivable pour les générations à venir. D’année en année, nous nous approchons du mur, et les effets – comme des canicules croissantes – s’en font ressentir. Malheureusement, la recherche en psychologie de l’environnement l’a largement démontré : constater que les effets du changement climatique se « rapprochent », dans le temps et dans l’espace, ne suffit pas à mécaniquement provoquer une volonté de diminuer notre impact sur le monde, que cela soit via des comportements individuels ou collectifs. L’urgence de s’adapter aux effets des crises suivra-t-elle le même chemin ? Pourra-t-on dépasser les considérations individualistes (et électoralistes) et embrasser des considérations collectives, pour le bien commun ?

« Les villes doivent être repensées, débétonnisées. Les îlots de chaleur doivent être identifiés et travaillés, en végétalisant notamment ; les bâtiments mieux isolés »

Car s’adapter il faut, et il ne faut pas opposer stratégies pour le court et le moyen terme. Pour le court terme, il faut dresser la liste des lieux collectifs où les personnes plus vulnérables se retrouvent : les EMS, les hôpitaux, les écoles, etc. Des lieux collectifs climatisés peuvent accueillir ceux et celles qui étouffent à leur domicile, et même, si bien pensés, produire des co-bénéfices comme recréer du lien social. Pour le moyen terme, les villes doivent être repensées, débétonnisées. Les îlots de chaleur doivent être identifiés et travaillés, en végétalisant notamment ; les bâtiments mieux isolés. Une étude menée à Paris met cependant en avant qu’au vu de la rapide montée des températures, même une planification urbaine intelligente ne permet pas d’écarter la climatisation des considérations. Les deux approches ne sont donc pas mutuellement exclusives – bien au contraire, elles doivent être considérées conjointement.

Texte entièrement généré sans intelligence artificielle. 

Oriane Sarrasin est enseignante et chercheuse en psychologie sociale. Ses recherches portent sur les aspects psychologiques sous-tendant l’(in)action climatique, et la manière dont les individus peuvent être persuadés d’agir davantage. Elle est également députée socialiste au Grand Conseil vaudois et présidente du PS du canton de Vaud.

Cette chronique est une « carte blanche » et reflète l’opinion de son autrice.


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